Les Marocains résidant à l’Étranger (MRE) toujours privés du droit de vote au Maroc

En dépit de leur citoyenneté et des droits garantis par la Constitution, les Marocains résidant à l’Étranger (MRE) ont toujours été privés du droit de vote au Maroc. 12% de la population marocaine ne peut pas participer aux élections communales et législatives, malgré leur importance sur les plans économique et commercial.




Chaque année, plus de 2,5 millions de MRE rejoignent le Royaume, créant une dynamique économique significative, par le biais du transfert de devises étrangères. Selon l’Office de Changes, le montant des transferts, en 2018, s’élève à 65,9 milliards de dirhams.

Malgré leur importance, la communauté marocaine à l’étranger ne bénéficie pas des droits de citoyenneté, à l’instar des citoyens marocains dans le Royaume. 5 millions de marocains sont ainsi privés d’un droit garanti par la Constitution.

Depuis le début de la pratique des élections au Maroc, les MRE ont été autorisés à voter une seule fois, en 1984, avant d’en être interdits à nouveau. Pourtant, aucun texte législatif ne prive le droit de vote à cette catégorie de citoyens.

À cet effet, l’article 17 de la Constitution stipule : « Les MRE bénéficient de l’ensemble des droits de citoyenneté, notamment, le droit de voter, de se présenter aux élections, à travers les listes électorales locales, régionales et nationales.




La loi détermine les critères d’éligibilité des candidats aux élections, ainsi que les conditions et les procédures pour exercer le droit de vote et de candidature, à partir du pays de résidence ».

Pour le Chef du Gouvernement, Saâdeddine El Othmani, un long débat a été initié entre les différentes parties concernées, notamment, l’Exécutif et les acteurs aussi bien politiques que de la société civile, afin d’arriver à un compromis sur les différents points en rapport avec ce sujet.

Certains responsables marocains imputent l’absence des MRE aux élections à des problèmes financiers et logistiques, en raison de leur nombre important et de leurs disparités géographiques. En 2016, l’ex-Ministre de l’Intérieur, Mohamed Hassad, avait déclaré, devant les membres du Parlement, que « le vote des MRE pose plusieurs problèmes ». Il s’était demandé : « Où peut-on placer un bureau de vote aux États-Unis, à titre d’exemple ? ».

Puis, il a ajouté : « Je pourrais vous surprendre, si je vous posais la même question sur Israël, où résident entre 700 à 800 mille Marocains ».




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