Plus de 600 avortements clandestins par jour au Maroc

Au Maroc, les interruptions de grossesse sont passibles d’une peine de prison sauf en cas d’avortement dit « thérapeutique » (au nom de la santé de la mère, viol, inceste ou de malformations et maladies incurables que le fœtus pourrait contracter).




Pour preuve, six personnes, dont deux médecins, seront jugées fin mai au Maroc pour avoir pratiqué clandestinement des avortements, alors que le débat sur l’IVG, actuellement passible de prison, refait fréquemment surface dans le royaume. Ce «réseau d’avortement clandestin» a été démantelé fin avril dans la ville touristique de Marrakech, ont rapporté mardi des médias marocains.

Deux internes en médecine, un étudiant en médecine et un pilote qui importait d’Espagne un anti-inflammatoire souvent utilisé au Maroc par des femmes souhaitant avorter, font notamment partie des personnes jugées, a dit mardi à l’AFP Omar Arbib, membre de l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH), section-Marrakech. Ils sont poursuivis pour avoir pratiqué illégalement des avortements et pour importation illégale de médicaments, a-t-il ajouté. Les opérations étaient pratiquées dans un appartement à Marrakech et chaque intervention était facturée environ 3000 dirhams (280 euros).




Le Maroc s’était engagé en 2015 dans un profond débat sur «l’urgence» d’un assouplissement de sa législation face au fléau des centaines d’avortements clandestins pratiqués chaque jour.

L’interruption volontaire de grossesse (IVG) reste passible de six mois à cinq ans de prison. Le code pénal sanctionne aussi bien la femme qui avorte (de 6 mois à deux ans de prison) que les personnes qui pratiquent l’acte (de 1 à 5 ans de prison). Bien qu’aucun chiffre officiel n’existe, les associations estiment qu’entre 600 et 800 avortements clandestins sont pratiqués chaque jour, dans des conditions sanitaires parfois désastreuses. Ces chiffres sont une estimation du professeur Chafik Charaibi, gynécologue-obstétricien exerçant dans une maternité public de Rabat, par ailleurs fondateur et président de l’Association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin (AMLAC).

Par ailleurs, certaines femmes ont recours à des médicaments ou à des plantes présumées abortives.

Les grossesses non désirées renforcent le phénomène des «mères célibataires» et l’abandon d’enfants, jusqu’à 150 par jour affirment des ONG.

(Avec AFP)




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