Le 22ème Festival Gnaoua et Musiques du Monde rend hommage à feu Randy Weston

La 22ème édition du Festival Gnaoua et Musiques du Monde d’Essaouira rend un vibrant hommage à la grande figure de Jazz, feu Randy Weston, ont annoncé les organisateurs.



Cet hommage, prévu du 20 au 23 juin, s’articulera autour de trois temps forts : une Lila, une exposition et la projection d’un documentaire.

Eternel amoureux des Gnaoua, Randy Weston est l’incarnation de l’universalité musicale à travers les styles. Laissant un héritage capital de plus d’un demi-siècle, Randy Weston est considéré comme un des derniers de toute une génération de légendes du panthéon du jazz. Il a côtoyé des géants tels que Duke Ellington et Count Basie, a joué avec Charlie Parker et a pris des leçons avec le pianiste et compositeur américain Thelonious Monk.

L’African Soul Pianiste de renom a toujours puisé dans les racines africaines du jazz pour développer sa musique. Celui qui a été sacré « Docteur de musique » par de nombreuses institutions culturelles et conservatoires de jazz s’est toujours intéressé aux musiques populaires et aux musiques d’Afrique.

Randy Weston a pris pour refuge le Maroc où il s’installe et tombe amoureux de la musique Gnaoua et développe une véritable complicité avec le maâlem Abdellah El Gourd de Tanger. Il a enchanté les mélomanes avec « Spirit ! The power of music » qu’il a mis au point avec l’African Rythm Quintet et son grand ami El Gourd. Une envoûtante fusion de musique gnaoua et de jazz à travers laquelle cet ethnologue de la musique a su rassembler 3 religions : christianisme, islam et yoruba.

En 2011, sa reconnaissance fût marquée au Maroc avec sa décoration, aux côtés du mâalem Abdellah El Gourd. Lors de la 4ème édition du « World Nomads Morocco » à New York, placée sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, Randy Weston et mâalem El Gourd reçurent respectivement le Wissam de mérite intellectuel, et le Wissam de mérite national de l’Ordre d’officier.

Randy Weston a sillonné tout le continent à la recherche de rythmes et de nouvelles couleurs mais le Maroc reste son coup de cœur, sa deuxième maison. Il s’est produit en 2016 au Festival Gnaoua et Musiques du Monde d’Essaouira.

Après 92 années de splendeur musicale, le grand Randy s’est éteint paisiblement le 1er septembre 2018.

Aujourd’hui, le Festival honore la mémoire de cet amoureux inconditionnel des musiques africaines et pionnier de la fusion gnaoua-jazz.




En 1967, durant une tournée Afrique organisée par le Département d’Etat américain, Randy Weston découvre le Maroc. C’est le coup de foudre ! Il décide alors de s’installer à Tanger jusqu’en 1972. Ne parlant ni le français ni l’espagnol ni l’arabe, c’est le langage universel de la musique qui fait sa force. Treize ans plus tard, une production franco-espagnole réalise un documentaire tout à fait unique et jamais produit en DVD.

« Randy in Tangier » filme et suit Randy Weston lors de son retour au Maroc. 85 minutes de pur bonheur, où l’on voit ce jazzman amoureux de la musique, embrasser la magie des musiques Jilala et Gnaoua. Tout au long de ce documentaire, Randy parle de sa vie musicale comme on raconterait une histoire. L’histoire de la genèse de son amour et sa curiosité envers la musique africaine, qu’il décrit comme essentielle quant à la compréhension même de la musique. « Randy in Tangier » met en lumière les précieuses amitiés musicales marocaines du grand jazzman entre autres celle avec Maâlem Abdellah El Gourd. Des retrouvailles inespérées qui donnent lieu à des performances magiques.

Après une projection en décembre 2017 à « The New School » à New York, rendez-vous à Essaouira pour un dernier hommage à l’un des jazzmen les plus emblématiques.




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