Omar Hilale: La bonne gouvernance, clé de voûte du développement durable

La bonne gouvernance représente la clé de voûte du développement durable a déclaré, lundi à Rome, le Représentant Permanent du Maroc aux Nations Unies à New-York, Omar Hilale, vice-Président du conseil économique et sociale de l’ONU et Président du Segment Humanitaire de l’ECOSOC.




« La création de sociétés pacifiques et inclusives, l’accès à la justice, les institutions efficaces, responsables comptable et inclusives, la lutte contre la corruption, les droits de l’Homme et la bonne gouvernance, sont tous des conditions sine qua none pour le développement durable », a relevé M. Hilal à l’ouverture de la Conférence en préparation du Forum Politique de Haut Niveau 2019 « Sociétés pacifiques, justes et inclusives : Mise en œuvre de l’Objectif de développement durable (ODD) 16 et chemin pour ne laisser personne pour compte » qui a démarré ses travaux lundi dans la capitale italienne.

Il a noté, dans ce sens, que l’ODD 16 est un objectif unique pour plusieurs raisons, en ce sens qu »il s’agit non seulement d’un objectif spécifique à atteindre, mais c’est également un moyen pour la réalisation des autres ODD »

De même, a-t-il poursuivi, les valeurs et principes inscrits dans cet ODD sont centraux pour l’ensemble de l’Agenda 2030. « C’est pourquoi l’ODD 16 est perçu comme un accélérateur pour favoriser l’engagement des institutions, à tous les niveaux, ainsi que la société civile et le secteur privé pour la réalisation de ces principes », a-t-il dit.

Pour le vice-Président du conseil économique et social de l’ONU, l’ODD 16 est, à la fois, un objectif global dans sa portée et précis dans certaines cibles. En effet, il comporte des cibles très spécifiques, dont la mise en œuvre est facilement mesurable avec des actions précises, et d’autres plus générales, sous la forme de principes, dont le suivi est beaucoup moins palpable, a enchaîné M. Hilale.

Il a également fait observer que certaines cibles de cet objectif sont transversales, sont étroitement liés, à d’autres cibles dans d’autres objectifs.

« Prenons, par exemple l’état de droit, lié intrinsèquement aux droits de l’Homme, qui sont présents dans au moins 15 sur les 17 ODD. La lutte contre la pauvreté (objectif 1), le droit à l’alimentation (objectif 2), le droit à la santé (objectif 3), le droit à l’éducation (objectif 4), l’égalité (objectif 5 et 10), le droit à l’eau et à l’assainissement (objectif 6), le droit à un environnement sain (objectif 7, 13, 14 et 15), le droit au développement (objectif 8) et le droit à un standard adéquat de vie (objectif 9 et 11) », a-t-il expliqué.




Ainsi, cette nature spécifique de l’ODD 16 rend sa mise en œuvre plus complexe à évaluer que les autres ODD, a affirmé M. Hilale, soulignant que l’examen, pour la première fois, de cet ODD en juillet prochain par le Forum Politique de haut niveau sur le Développement Durable, sera un moment critique auquel nous devons accorder toute l’attention pour le réussir.

« À cet égard, il sera essentiel de concentrer nos efforts pour examiner les progrès réalisés dans la mise en œuvre des diverses cibles de l’ODD 16, qui couvrent un vaste champ, comportant des cibles toutes aussi pertinentes et à tous les niveaux de gouvernement (institutions responsables et transparentes, réduction de la corruption, accès à la justice, participation à la prise de décision, prévention de la violence et du crime, etc », a-t-il plaidé .

Au-delà d’un bilan cible par cible, a-t-il dit, il sera particulièrement important d’examiner comment l’ODD 16 peut servir de catalyseur de l’avancement du Programme 2030 et de tous les autres ODD.

Le diplomate marocain a fait remarquer, par ailleurs, que l’année 2019 est spéciale pour le développement durable.

« A la fin du Forum Politique de juillet prochain, nous aurons passé en revue tous les objectifs de développement durable et discuté de thèmes majeurs tels ne laisser personne de côté, éliminer la pauvreté et promouvoir la prospérité dans un monde en mutation, faire face aux changements climatiques et créer des sociétés durables et résilientes pour autonomiser les citoyens et garantir l’inclusion et l’égalité ».

« Nous aurons également entendu les Rapports des examens nationaux volontaires de 143 pays sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre des ODD », a précisé M. Hilale.

Il s’agit, a-t-il soutenu, d’un momentum crucial qu’il faut saisir, la fin de ce premier cycle du FPHN, est une occasion opportune pour examiner les enseignements tirés, notamment ce qui a bien fonctionné, mais également ce qui pourrait être amélioré au cours du prochain cycle.




Revenant sur la réunion du Forum Politique de Haut Niveau sous les auspices de l’Assemblée générale, le Sommet des ODD, prévu les 25 et 26 septembre prochains, M. Hilale a noté que durant ce Sommet, « nos chefs d’État et de Gouvernement examineront la mise en œuvre du Programme 2030 et des objectifs de développement durable dans leur ensemble ».

« Nous pouvons dors-et-déjà constater, à travers les données et les tendances générales, que des efforts considérables ont été déployés par la multiplicité d’acteurs pour mettre en œuvre le Programme 2030 », a-t-il affirmé, notant toutefois que « les réalisations ont été inégales ». « Il est donc impératif et urgent de mettre en œuvre des actions destinées à accélérer les progrès. Nous avons les outils, nous savons ce qu’il faut faire. À présent, tout est question de mise en œuvre », a-t-il ajouté.

Cette conférence de trois jours est organisée par le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération Internationale d’Italie, du Département des affaires économiques et sociales de l’ONU (UNDESA) et l’Organisation Internationale de Droit du Développement (IDLO), sous le thème : « Conférence ODD 16 : paix, justice et soicétés inclusives ».

Elle intervient en préparation du Forum Politique de Haut Niveau, dont le Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement est prévu en septembre à New York.

La séance d’ouverture s’est déroulée en présence notamment de Mme Emanuela Del Re, vice-ministre des Affaires étrangères et de la Coopération Internationale d’Italie, de M. Liu Zhenmin, Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, et de Mme Irene Khan, Directrice générale de l’Organisation internationale de droit du développement.




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