Le procureur de Milan confirme l’empoisonnement dans le corps d’Imane Fadil

Le récent décès de l’ex-mannequin marocaine Imane Fadil, témoin dans des procès contre l’ancien chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi et ses soirées « bunga-bunga » qui ont marqué le début des années 2010, est entouré de mystère. La jeune femme a été empoisonnée.




Une «forte présence de cadmium, d’antimoine, de chrome et de molybdène bien au-dessus de la norme» a été découverte dans le corps de la Marocaine Imane Fadil, ex-mannequin décédée à Milan début mars. 

Lors d’une conférence de presse, le procureur général milanais, Francesco Greco a déclaré « attendre les résultats définitifs des examens d’autopsie prévue ce mercredi », qui doivent indiquer le degré de radioactivité de ces composantes.

«La présence de ces substances dangereuses à des niveaux si élevés a rendu nécessaire l’organisation, à la morgue de Milan, de toutes les précautions nécessaires pour protéger les personnes qui entreront en contact avec le corps avant l’autopsie (…) l’unité radiologique et bactériologique des pompiers interviendra pour sécuriser le site», a déclaré le procureur général.

Par ailleurs, le parquet de Milan a annoncé que le directeur médical d’Humanitas, la clinique où se trouvait la jeune femme a procédé à des examens pour tenter de comprendre quelle était la cause de la détérioration de sa santé, a été entendu dans le cadre de cette affaire. «[L’établissement] n’a jamais communiqué avec les procureurs et la police judiciaire avant la mort d’Imane Fadil, qui a pourtant parlé aux médecins de son possible empoisonnement (…) ce témoignage confirme en effet qu’il n’y a eu aucune communication avant la mort : la nouvelle (…) a été annoncée par l’avocat de la jeune femme, avant même l’hôpital». , a affirmé Francesco Greco.




Selon Paolo Sevesi, l’avocat d’Imane Fadil, la jeune femme lui aurait confié « sa crainte d’avoir été empoisonnée », indique pour sa part l’agence AGI.

Dans le cadre de l’enquête, le téléphone d’Imane Fadil est confié à la police, qui analysera ses données pour reconstituer les derniers appels téléphoniques, messages et mouvements de l’ex-mannequin avant son admission à l’hôpital.

Pour rappel, Imane Fadil est devenue connue du grand public italien quand elle a livré ses témoignages, en 2012, dans le cadre du scandale sexuel et du procès Rubygate portant sur les soirées libertines « bunga-bunga » que l’ancien chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi organisait avec des jeunes femmes dans sa villa à Arcore, dans les environs de Milan.

Imane Fadil avait alors expliqué que le soir de sa première visite à Arcore, Berlusconi lui avait tendu une enveloppe contenant 2.000 euros, ajoutant: « ne vous offensez pas ». La jeune femme avait aussi décrit « une performance » de deux femmes déguisées en religieuses, avec « ballet sexy » et strip-tease.

Pour sa part Silvio Berlusconi a affirmé au cours d’une réunion électorale dans la région de Basilicate: « Je suis navré quand une personne jeune meurt. Je n’ai jamais connu cette personne et je ne lui ai jamais parlé (…) Ce que j’ai lu concernant ses déclarations m’a toujours fait penser qu’il s’agissait de choses inventées et absurdes ».




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