Sénégal: le président Macky Sall réélu au premier tour

Le président sénégalais sortant Macky Sall a été réélu dès le premier tour de l’élection présidentielle en recueillant 58,27% des suffrages lors du scrutin du 24 février, a annoncé jeudi la Commission nationale de recensement des votes (CNRV), dont les résultas sont susceptibles de recours.




Macky Sall, au pouvoir depuis 2012, devance l’ancien Premier ministre Idrissa Seck (20,50%), le député « antisystème » Ousmane Sonko (15,67%), le président d’université privée Issa Sall (4,07%) et l’ancien ministre Madické Niang (1,48%), a déclaré le président de la CNRV, le magistrat Demba Kandji. Le taux de participation a été de 66,24 %.

L’annonce a provoqué des scènes de liesse au siège de campagne de Macky Sall, où le président élu devrait s’exprimer plus tard dans la journée, selon des correspondants de l’AFP. « Macky Sall a fait trois fois plus de voix que le second. C’est ce qu’on appelle une victoire sans appel », a commenté sa collaboratrice Aminata Touré.

Macky Sall, 57 ans, critiqué par l’opposition et des associations de défense des droits humains après l’exclusion des candidatures de deux opposants – Khalifa Sall, l’ancien maire de Dakar, et Karim Wade, ex-ministre et fils de l’ancien président Abdoulaye Wade –, était considéré comme favori du scrutin en raison de la croissance économique qui a accompagné son premier mandat.

« Vigilance absolue »
Selon M. Kandji, la représentante d’Idrissa Seck à la CNRV ne s’est pas présentée jeudi pour la proclamation des résultats, tandis que ceux des autres candidats d’opposition ont assorti leur signature du procès-verbal « d’observations écrites » qui seront transmises au Conseil constitutionnel, seul habilité à proclamer les résultats définitifs. Les candidats ont soixante-douze heures pour contester les résultats annoncés jeudi.

Le Sénégal retenait son souffle depuis le début de la matinée pour savoir si Macky Sall avait réellement remporté l’élection dès le premier tour, comme son camp le revendiquait depuis dimanche, ou si ses quatre opposants le contraignaient à un second tour à l’issue indécise. Ceux-ci avaient par avance rejeté les informations donnant le président sortant gagnant, indiquant que leur propre décompte obligeait à la tenue d’un second tour.

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Dénonçant mercredi soir des « irrégularités » lors du scrutin, le Pastef-les Patriotes, la formation d’Ousmane Sonko, révélation de la campagne électorale, avait appelé à la « vigilance absolue » et à refuser tout « forcing » de la majorité. Les quatre adversaires de Macky Sall se sont réunis au domicile d’Idrissa Seck, selon des journalistes de l’AFP. Ils n’ont fait aucune déclaration à leur sortie mais devraient tenir une conférence de presse conjointe.




Grands travaux
Les résultats égrenés ces derniers jours par les médias, qui ont collecté les données des procès-verbaux affichés devant chaque tribunal départemental, avaient conforté l’optimisme du camp présidentiel, qui avait revendiqué la victoire dès dimanche soir et suscité la colère de ses rivaux. Les « déclarations contradictoires » des deux camps étaient « de nature à générer des tensions », avait regretté mardi la cheffe de la mission d’observation électorale de l’Union européenne, Elena Valenciano, même si très peu d’incidents ont été relevés depuis le scrutin.

Sur le plan politique, une seconde manche, dans un mois, aurait pu s’avérer périlleuse pour le président sortant, qui aurait été confronté à un front uni de l’opposition. Macky Sall voulait d’autant plus l’éviter que ce scénario lui avait permis en 2012, en tant que chef de file de l’opposition, de battre au second tour son prédécesseur, Abdoulaye Wade.

Si son élection est définitivement confirmée par le Conseil constitutionnel, Macky Sall entend poursuivre la mise en œuvre de son Plan Sénégal émergent, lancé en 2014, dont la première phase s’est principalement traduite par de grands travaux, notamment l’édification de la ville nouvelle de Diamniadio, à 32 km de Dakar, l’ouverture d’un nouvel aéroport international et la construction d’un train express régional dont la mise en service est attendue dans les prochains mois.

Le Sénégal a longtemps été considéré comme la démocratie la plus stable d’Afrique de l’Ouest. Les transitions de pouvoir se sont faites pacifiquement depuis l’accession du pays à l’indépendance, en 1960.




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