Belgique : Malika El Aroud jugée apte à être expulsée vers le Maroc

Le Conseil du contentieux des étrangers a rendu son arrêt vendredi concernant la procédure d’éloignement vers le Maroc de Malika El Aroud, condamnée en 2008 à huit ans de prison pour participation aux activités d’un groupe terroriste.




Les juges ont estimé que celle-ci, qui a été déchue de sa nationalité belge, n’avait pas démontré que son renvoi vers le Maroc l’exposerait à un risque de torture ou de traitements inhumains ou dégradants. Ainsi, les juges ont conclu qu’elle pouvait être éloignée vers son pays d’origine.

Dans un second arrêt rendu vendredi, le conseil a considéré que celle qui fut surnommée la «veuve noire»ou encore la «fiancée des terroristes» ne démontrait pas que son renvoi vers le Maroc l’exposerait à un risque de torture ou de traitements inhumains ou dégradants contraires à l’article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CEDH). Par ailleurs, selon le Conseil, celle-ci ne démontrait pas non plus que son éloignement constituerait une ingérence dans sa vie privée ou familiale au sens de l’article 8 de cette même convention. En d’autres termes, il n’a pas été prouvé que Malika El Aroud avait une vie privée en Belgique. Celle-ci n’y a pas d’autre famille que sa fille, aujourd’hui majeure.

Malika El Aroud, âgée aujourd’hui de 60 ans, avait été déchue de sa nationalité belge sur arrêt de la cour d’appel de Bruxelles du 30 novembre 2017, «pour avoir gravement manqué à ses devoirs de citoyenne belge». Elle ne possédait plus alors que sa nationalité marocaine.




Auteur de l’assassinat du commandant Massoud
La procédure avait été engagée à la suite à la condamnation de l’intéressée à huit ans de prison pour participation aux activités d’un groupe terroriste lié à « Al Qaïda », par la cour d’appel de Bruxelles, en 2010. Elle avait été reconnue coupable d’avoir organisé, avec son mari, Moez Garsallaoui, une filière d’envoi de combattants de la Belgique vers l’Afghanistan. Malika El Aroud avait été mariée auparavant à un autre terroriste, Dahmane Abd el-Sattar, qu’elle avait rejoint en Afghanistan. Cet homme fut l’un des auteurs de l’assassinat du commandant Massoud en Afghanistan, le 9 septembre 2001, deux jours avant les attentats aux Etats-Unis.

Le 11 octobre 2018, Malika El Aroud avait dès lors été arrêtée en vue de son expulsion et conduite au centre fermé de Bruges. Son avocat, Me Nicolas Cohen, avait alors introduit une demande d’asile politique, laquelle a été refusée.

L’avocat avait encore lancé une procédure en extrême urgence devant le Conseil du contentieux des étrangers, invoquant le fait que sa cliente serait exposée à la torture ou à des traitements inhumains et dégradants si elle était renvoyée vers le Maroc.




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