(Vidéo) Alexandre Benalla au Maroc pour récupérer 630.000 euros d’un contrat russe

Selon Mediapart, Alexandre Benalla a bien été l' »architecte » d’un contrat de sécurité privée passé avec un oligarque russe, proche du Kremlin. Et ce alors qu’il était en poste à l’Elysée et habilité « secret défense » à ce titre.




Un second contrat aurait également été passé en décembre dernier avec un autre homme d’affaires russe. Montant des deux deals : 2,2 millions d’euros.

Jeudi, le parquet national financier (PNF) avait confirmé avoir ouvert une enquête sur le premier contrat, passé avec le milliardaire Iskander Makhmudov pour assurer la sécurité rapprochée de sa famille.




La société de sécurité Velours, citée dans l’affaire pour avoir assuré la sous-traitance du contrat – initialement assuré par Mars, la boîte de Vincent Crase – et visée par une enquête, a également dénoncé vendredi une « trahison » d’ex-employés et assuré ne faire l’objet d’aucune « mesure judiciaire ».

Selon l’entourage de la société, Alexandre Benalla a joué le rôle d’intermédiaire entre Vincent Crase et Velours pour ce contrat de sous-traitance. Signé le 25 juin 2018 avec la société Mars, il prévoyait la « protection rapprochée de la famille d’Iskander Makhmudov ».

Ce milliardaire, à la tête d’un empire industriel en Russie, est présenté par la justice espagnole comme faisant partie d’une puissante organisation criminelle. Les négociations auraient débuté dès janvier 2018, notamment dans un café proche de l’Elysée, ainsi qu’au siège de La République en Marche (LREM).




Selon Mediapart, l’oligarque russe a rémunéré Vincent Crase 294.000 euros pour ce premier contrat dont un peu plus de la moitié – 172.200 euros – a été reversé sur des comptes de Velours.

Et, toujours selon la même lundi dernier, Alexandre Benalla aurait continué à s’impliquer personnellement afin que le contrat ne capote pas à la suite des révélations du « Monde », mettant sur pied un nouveau montage destiné à « mettre le contrat Makhmudov à l’abri des curiosités de la police et de la justice », écrit Mediapart.

Ce que confirme le fondateur de Velours, Jean-Maurice Bernard, à Mediapart ce lundi :

« Les faits s’imposent. Il n’y a qu’une réalité. Elle est aussi simple qu’incontestable. Alexandre Benalla nous a demandé de ne pas rompre le contrat nous liant à la société Mars. Contrat pour lequel il nous a sollicités. Contrat dont il a assisté la négociation. Contrat dont il a suggéré les noms. »




Dans l’enregistrement d’une discussion entre Benalla et Crase – qui n’avaient pas le droit de se rencontrer –, diffusé par Mediapart le 26 mars, l’ancien chargé de mission à l’Elysée expliquait : « Faut changer de portage, faut faire ce qu’on avait prévu de faire et transférer. […] Faut que tu disparaisses de la boîte, dit Benalla à Vincent Crase. […] Donc faut qu’on trouve un mec… […] Enfin j’ai une idée en tête, mais faut qu’on mette la boîte au nom d’un autre mec… Parce que sinon […] ils vont faire des saisies conservatoires et ils vont mettre un stop à la boîte. »

En l’occurrence, Alexandre Benalla aurait fait appel à Yoann Petit, un ancien militaire, afin de créer le 16 octobre dernier France Close Protection, la nouvelle entreprise « destinée à être la future récipiendaire de l’argent de l’oligarque ».

« Le montant total de la nouvelle mouture du contrat Makhmudov s’élève à 980.000 euros (hors taxes). Sur cette somme, 294.000 euros ont été versés au mois d’octobre dernier à France Close Protection. Laquelle société a ensuite payé Alexandre Benalla, en novembre et décembre, pour plusieurs dizaines de milliers d’euros, partie visible de sa rémunération sur le contrat russe », explique Mediapart.




Et ce contrat n’est pas le seul dans lequel Alexandre Benalla aurait décidé de s’impliquer. Après son départ de l’Elysée, il aurait négocié, toujours pour le compte de France Close Protection, un deuxième contrat russe avec le milliardaire Farkhad Akhmedov, un autre oligarque.

Ce contrat aurait été conclu alors que l’ex-chargé de mission d’Emmanuel Macron voyageait encore avec ses passeports diplomatiques après sa mise à l’écart du Palais.

« Signé le 2 décembre 2018, ce contrat prévoit la protection de l’homme d’affaires et de ses enfants lors de ses séjours en France, en Suisse et dans différents pays d’Europe. Un chauffeur, un chef d’équipe et cinq officiers de sécurité sont prévus dans ce contrat. Montant total (hors taxes) : 980.000 euros », écrit Mediapart.

L’article datant du 11 février explique que 350 000 euros ont déjà été perçus par Benalla qui s’est rendu au Maroc récemment pour récupérer le reste de la somme, soit 630.000 euros. En témoigne la photographie partagée par le site d’information français et montrant Benalla attablé au Lotus Club, un cabaret de Marrakech.




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