Le forum « AfricaSec 2019 » entame ses travaux à Marrakech

Les travaux de la 10ème édition de la conférence internationale « Marrakech security forum – « AfricaSec 2019 » se sont ouverts, vendredi à Marrakech, avec la participation d’un aréopage d’experts, de dirigeants d’organisations internationales, et de responsables civils et militaires, venus de plusieurs pays.




Placé sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, cet événement de deux jours, initié par le Centre Marocain des Etudes Stratégiques (CMES) en partenariat avec la Fédération africaine des études stratégiques, sous le thème « Construire pour l’Afrique sa sécurité du futur », vise à établir un état des lieux actuel de la sécurité en Afrique, de mettre en lumière les défis auxquels doit faire face le Continent et surtout, d’analyser, de débattre et d’échanger les expériences et expertises dans ce domaine.

Intervenant à l’ouverture de cette conférence, le professeur Mohamed Benhammou, directeur du CMES, a fait savoir que ce rendez-vous international, qui a gagné en maturité au fil des éditions, compte parmi les premiers et grands forums qui traitent de la question sécuritaire en Afrique avec une approche globale.

Et de poursuivre que cette conférence se veut un espace de réflexion non seulement sur les problématiques d’actualité inhérentes à la question de sécurité en Afrique, d’un point de vue géographique, mais aussi dans leurs différents volets qui fragilisent davantage la sécurité sur le Continent, notant que le forum a toujours été à l’affût des évolutions en la matière en vue d’anticiper les problématiques pour mieux relever les défis.

Depuis son lancement en 2007, le forum a focalisé sur les différentes dynamiques que connaissait la région sahélo-saharienne, soulignant que « le traitement non approprié » de ces évolutions a rendu la situation plus pire dans cette région ».

« Notre objectif n’est pas seulement de se pencher sur les problèmes et menaces à caractère chronique, mais de continuer à la fois à travailler sur ces zones de conflits et d’essayer d’anticiper d’autres actions en s’attelant sur les menaces émergentes », d’où, a-t-il expliqué, le thème choisi pour cette 10ème édition, qui permettra de repenser la question sécuritaire sur le Continent et de réfléchir sur la manière dont l’Afrique peut assurer sa propre sécurité.

Pour sa part, l’envoyée spéciale auprès du cabinet royal au Bahreïn, Mme Sameera Bin Rajab, a mis l’accent sur la véritable menace que représente le terrorisme sur le cyberespace, soulignant qu’en dépit de ses dangers pour la paix et la sécurité internationales et la violation de la souveraineté nationale des pays, le cyber-terrorisme constitue une approche moderne de guerre et des conflits géopolitiques que connaît le monde.

De son côté, l’ancienne ministre des Affaires étrangères du Salvador, Maria Eugenia Brizuela De Avila, a estimé que la sécurité a pris une dimension globale en raison du changement climatique, du terrorisme et de la famine qui frappent plusieurs régions à travers le monde, relevant que « l’élargissement du concept de sécurité nous interpelle à la réflexion sur un nouveau modèle comme alternative à la sécurité au niveau national ».




Le représentant spécial de l’Union européenne pour le Sahel, l’ambassadeur Angel Losada a, quant à lui, mis en avant l’importance de cette conférence qui traite d’une question d’une extrême importance, mettant en exergue la pertinence du thème choisi cette année, qui intervient, selon lui, à point nommé.

M. Losada a ainsi focalisé, dans son intervention, sur la sécurité au niveau de la zone sahélo-saharienne, en abordant la situation sécuritaire dans cette région, la réponse à engager face à cette menace et les défis majeurs à relever, affirmant que la sécurité de l’Afrique est celle de l’Europe et du monde entier.

Dans le même sillage, l’ancien ministre égyptien des Affaires étrangères, Mohamed El Orabi, a souligné l’importance de la coopération internationale en la matière, tout en insistant sur l’impératif pour l’Afrique de mettre en oeuvre ses propres mesures et stratégies en matière de sécurité car, a-t-il expliqué, la sécurité du Continent ne peut être assurée par des « forces extérieures ».

L’Afrique, a-t-il dit, est la zone propice pour le développement, mais demeure aussi la cible de la nouvelle vague de terrorisme, soulignant que le Maroc et l’Egypte, qui entretiennent une bonne coopération sur différents plans, peuvent jouer un rôle important dans le combat contre ce phénomène à l’échelle du Continent. « Ce n’est qu’à travers la coordination et le partenariat que l’Afrique pourra gagner cette guerre antiterroriste », a-t-il insisté.

Les participants à cette édition, dont des responsables civils et militaires, des dirigeants d’ONG, des sécuritaires et des experts des quatre coins du monde, discuteront de plusieurs thématiques, dont « la re-conceptualisation de la sécurité à l’ère du numérique: changement de paradigmes et de concepts », « l’Afrique face aux vulnérabilités chroniques et aux menaces transnationales et asymétriques » et « l’arc de crises Afrique centrale et zone Sahélo-saharienne: entre conflits enlisés et menaces émergentes ».

Cet événement international constitue l’occasion de débattre aussi de questions aussi diverses que « l’Union africaine face au défi de la réforme du conseil de paix et de sécurité », « nature et étendue des cyber menaces: acteurs malveillants, modes opératoires » et « le renseignement comme arme dans la lutte contre les menaces sécuritaires émergentes ».

D’autres thématiques sont à l’ordre du jour: « le cyber-renseignement et risques numériques », « le cyber-terrorisme et la radicalisation dans le cyber-espace », « les organisations terroristes et criminelles hybrides, les menaces et guerres hybrides: la nécessaire transformation des services de sécurité et de défense » et « les perspectives pour le renseignement spatial et aérien ».

Parallèlement aux travaux de l’AfricaSec, le CMES-« Global network against women radicalization », organise le 9 février un atelier sous le thème « les perspectives du genre dans la prévention de l’extrémisme violent » en partenariat avec ONU-Femmes.