Malgré leur papiers en règle, trois danseurs marocains enfermés dans un centre pour migrants à Rotterdam

Omar, Ahmed et Hamza, trois danseurs hip-hop âgés entre 20 et 21 ans, ont été retenus plus de cinq jours dans un centre de détention pour clandestins à Rotterdam alors qu’ils avaient tous leurs papiers en règle et ce, pour des raisons qui restent toujours inconnues…




Faisant partie du collectif The Lions Crew dont le New York Times a fait l’éloge en mai 2018, les trois danseurs sont partis aux Pays-Bas pour participer à une battle de danse.

À leur arrivée au contrôle des passeports de l’aéroport de Eindhoven (Pays-Bas), Omar, Ahmed et Hamza ont présenté leurs papiers en règle, notamment des passeports et des visas Schengen fraîchement délivrés. Ils ont ensuite été interrogés sur les raisons du voyage, ainsi que sur leur lieu de résidence pendant leur séjour aux Pays-Bas et la somme d’argent qu’ils ont sur eux.

Maria Daïf, ex-directrice générale de la Fondation Touria et Abdelaziz Tazi et de l’Uzine qui rapporte le récit de leur calvaire sur son compte facebook indique que « les agents avaient signifié aux trois danseurs qu’ils n’étaient pas admis sur le territoire néerlandais pour «manque de moyens de subsistance» et manque de preuves des raisons de leur voyage ».

« Un agent les fait attendre plusieurs heures dans un bureau où ils sont interrogés à plusieurs reprises par d’autres agents. Ils sont fouillés puis transférés dans un poste de police en dehors de l’aéroport où ils subissent un nouvel interrogatoire : « êtes-vous suicidaires ? », « avez-vous déjà eu des relations sexuelles ? » font partie des questions qui leur sont posées, chacun à part, enfermé dans un bureau », raconte Maria Daïf, la fervente militante culturelle.

Ils ont été transférés dans un centre de détention pour clandestins à Rotterdam et sont retenu  10 au 15 janvier pour Hamza et Omar, et jusqu’au 17 pour Ahmed.

Et ce n’est pas finis! « À Marrakech, ils sont livrés aux autorités locales dès l’atterrissage : « nous avons traversé tout l’aéroport accompagnés par des policiers, comme si nous étions de dangereux criminels. Tout le monde à l’aéroport nous regardait ». Omar et Hamza finissent à la Wilaya de police de Marrakech où ils sont longuement interrogés, avant d’être relâchés. Ils récupèrent enfin leurs passeports : leurs visas Schengen de 3 mois sont frappés d’un tampon rouge, annulés par les autorités néerlandaises » poursuit Maria Daïf.

« Ce qui nous est arrivé est une injustice. Nous réclamons des explications et des excuses de la part de l’État néerlandais. Nous demandons à être remboursés sur les frais que nous avons engagés pour ce voyage. Nous voulons avoir la certitude que ce qui nous est arrivé n’arrivera pas à d’autres artistes et que notre droit de voyager en Europe et de participer à des Battles nous est toujours garanti, malgré ce qui est arrivé », s’insurgent Omar, Ahmed et Hamza.





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