Belgique : Une étudiante marocaine à l’université de Lille II enfermée dans un centre pour migrants

Une Marocaine de 19 ans, étudiante à l’université de Lille 2 en sciences politiques, est actuellement détenue au centre de détention abritant des migrants Caricole de Steenokkerzeel, moquée et humiliée par la police bruxelloise..




Ce dimanche, Rania Akrachele doit retourner en France pour reprendre ses études après avoir passé trois jours au Maroc, son pays d’origine.ne trouve pas de vol direct Casablanca/Lille, l’étudiante opte pour un vol vers Bruxelles pour y transiter rapidement avant de retourner vers le nord de la France.

À son arrivée à l’aéroport vers 17 heures, la jeune fille est placée en isolement après avoir présenté un récépissé de demande de titre de séjour français. La jeune fille ne le sait pas, mais celui-ci ne lui permet pas d’atterrir dans un autre pays que la France, même s’il fait partie de l’espace Schengen. Elle est alors interrogée et placée à l’isolement par la police de l’aéroport.

La jeune étudiante contacte donc sa famille au Maroc depuis sa cellule pour leur expliquer la situation. Sa sœur Rim témoigne au média belge RTBF de la situation critique de sa sœur. Elle évoque « des propos moqueurs, pendant qu’elle s’effondre en larmes et qu’ils en rigolent ».

« Elle ne fait que pleurer. On ne lui permet pas de poser des questions, et lorsqu’elle dit qu’elle a du mal à respirer, on ne lui répond pas. La police belge de Zaventem la menace de rester dix jours dans la pièce en question si elle ne se résigne pas à signer le papier disant qu’elle passerait la nuit dans un centre de détention pour immigrés avant de reprendre un vol le lendemain pour Casablanca, au lieu de l’envoyer en France, là où elle réside, à quarante minutes seulement de l’aéroport de Zaventem » explique la sœur de la jeune femme.

« Alors qu’elle fait des études universitaires en France, on lui demande sur un ton moqueur si elle a besoin d’un traducteur », s’indigne Rim.




Pour les services consulaires marocains en Belgique, cette situation est toujours problématique. Rania n’est pas la seule à se voir refouler à son arrivée en Belgique, « les titres de séjour ne sont valables que dans le pays où ils sont émis et les ressortissants devraient être mieux informés ».

Fouad Mejloufi, attaché au consulat général du Maroc explique que dans ces cas, « il y a neuf chances sur dix pour que la jeune fille soit refoulée directement au Maroc sans passer par la France ».

Contacté par la famille, l’ambassade marocaine à Bruxelles a indiqué suivre la situation et tenter de résoudre la situation de la jeune ressortissante marocaine. Tout comme le consulat, celle-ci précise que selon le pays, il faut être détenteur d’un Visa pour pouvoir y transiter.

Depuis que Rania a été enfermée au centre Caricole, la famille de la jeune fille est sans nouvelle. « Nous attendons encore son retour, et depuis qu’elle est en centre de détention elle n’a pas de téléphone et ne peut nous contacter. Un ami s’est rendu à l’aéroport mais on ne lui a pas permis de la voir, ni de lui parler. Ses copines se sont rendues très tard le soir au centre de détention où elles ont pu la voir pendant 5 min seulement ».

Ses proches espèrent que l’étudiante pourra rejoindre bientôt son université, mais pour ce faire, il est fort probable qu’elle doive reprendre un avion depuis le Maroc.




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