Disparition mystérieuse d’un haut responsable du Polisario: son fils et sa tribu lancent un appel

Dix ans après sa disparition mystérieuse, l’affaire de l’ex-chef de la sécurité des camps de Tindouf, Ahmed Khalil, n’a toujours pas été élucidé.




Dans les camps de Tindouf, on ne parle que de l’appel lancé par Rachid Khalil pour connaître le sort de son père, Ahmed Khalil, l’ex-dirigeant du Polisario disparu mystérieusement alors qu’il était invité à Alger.

La tribu Rguibat Souaad d’Ahmed Khalil s’est réunie, le 25 janvier dernier pour discuter des mesures à prendre face à la réticence des pseudo responsables du polisario et des autorités algériennes.

L’intérêt porté par la population de Tindouf au cas Ahmed Khalil s’explique facilement. Car l’ancien responsable du Polisario, en dépit de son rang dans la hiérarchie du front séparatiste, n’hésitait pas à critiquer ouvertement Mohamed Abdelaziz sur les abus commis contre la population des campements. Il était en possession de données confidentielles sur la disparition de nombreux opposants au Polisario entre 1980 et 1990.

En effet, Ahmed Khalil a occupé pendant des dizaines d’années le poste de « responsable de la sécurité des camps » et « des régions militaires du Polisario ». En novembre 2004, il a été désigné conseiller chargé du dossier des droits de l’Homme auprès de l’ancien chef du polisario, Mohamed Abdelaziz.

C’est cet aspect de la personnalité d’Ahmed Khalil qui lui vaut aujourd’hui la sympathie de la population des camps. Dans les camps de Tindouf, on n’a pas le moindre doute sur la responsabilité des services secrets algériens dans la disparition de ce cadre sahraoui il y a six ans. En janvier 2009, Ahmed Khalil a été invité à se rendre à Alger pour y participer à une conférence sur les droits de l’Homme. Mais il n’a plus donné signe de vie.

Depuis l’Espagne où il réside, son fils Rachid a accusé, dans une déclaration à l’Agence espagnole Europa Press, les services du DRS algérien d’être responsables de cette disparition. Les frères de Rachid, « bloqués dans les camps de Tindouf, ne peuvent pas s’exprimer et ne disposent pas de la liberté de mouvement ». Ici en Espagne, « je peux dire ce que je veux, crier, parler avec la presse, mais eux ils ne le peuvent pas », s’est indigné Rachid Khalil.

L’appel lancé par Rachid pour que  » justice soit rendue « , trouve aujourd’hui un large écho dans les camps de Tindouf. Surtout qu’Ahmed Khalil n’est pas le seul Sahraoui à avoir disparu sans laisser de trace. « La population des camps de Tindouf est habituée aux disparitions des opposants du front séparatiste qui ont osé critiquer l’alignement de Mohamed Abdelaziz sur l’agenda de l’Algérie dans l’affaire du Sahara » conclut le média espagnol.




>> À lire aussi: