Vers l’abolition de la peine de mort au Maroc ?

La Coalition marocaine contre la peine de mort (CMCPM) tient ce 18 et 19 janvier 2019 à Rabat son assemblée générale sous le thème : « Mobilisation continue pour l’abolition de la peine de mort ».




Cette assemblée générale connaîtra la présence d’invités représentant des institutions nationales des droits de l’Homme, gouvernementales, diplomatiques, syndicats, d’ONG, parlementaires, politiques et syndicales, en plus de représentants de l’Association française Ensemble contre la peine de mort (ECPM), et des coalitions régionales partenaires de la région d’ Afrique du Nord et Moyen -Orient.

Dans la déclaration d’ouverture, le coordonnateur de la Coalition marocaine contre la peine de mort, Abderrahim Jamai a fait part de la disposition de toutes les parties concernées à tracer une stratégie pour l’avenir, visant à éliminer la peine de mort au niveau international.

De son côté, le ministre de la Justice, Mohamed Aujjar a indiqué, dans une déclaration à la presse, que le Maroc est engagé dans un dynamisme international en la matière, faisant observer que la peine de mort n’a pas été pratiquée dans le Royaume depuis 1982, sauf une exception en 1993. 

« Nous sommes en train de mener de grandes discussions au niveau national sur la peine de mort, en dépit de l’évolution des crimes terroristes et de ceux liés à la traite des êtres humains sur le plan mondial », a souligné Aujjar, réaffirmant à cette occasion l’attachement du Maroc aux principes des droits de l’Homme, qui est consacré constitutionnellement.

Même si son exécution est gelée, le verdict de la peine de mort continue d’être prononcé au Maroc. Le nombre des condamnés à mort serait de 92 dont 3 femmes au Maroc.

Pour rappel, la dernière exécution est celle de l’ex-commissaire Mohamed Mustapha Tabit, condamné à mort en mars 1993. Arrêté suite à des enregistrements pornographiques en sa possession et qui mettaient en scène plus de 500 femmes et des personnalités de premier ordre, puis condamné en peu de temps, il a été fusillé le 9 août de la même année. Il était accusé d’attentat à la pudeur, de défloration, de viol avec violence, rapt et séquestration d’une femme mariée, en plus d’actes de barbarie et d’incitation à la débauche. Le juge de l’époque n’avait pas hésité à brandir l’article 399 du code pénal. Dans une forêt aux alentours Kénitra, l’exécution avait été confiée à des militaires sous les yeux du président de la Cour pénale, un imam, deux adouls et l’avocat de Tabit.





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