Le retour des «jihadistes» marocains, le défi de 2019

Le retour des combattants de Daesh en provenance de Syrie, d’Irak et de Lybie, constitue un nouveau défi pour les services de sécurité. Au Maroc, l’approche sécuritaire et judiciaire demeure la priorité pour mettre fin à la dangerosité des revenants.




La disponibilité opérationnelle de l’institution sécuritaire marocaine pour contrer les terroristes qui reviennent au Maroc est un fait établi. Mais quand on sait que ces extrémistes ont reçu des formations militaires en Syrie, en Lybie et en Irak, il est clair que la vigilance doit redoubler. D’autant que ces barbares se sont habitués à l’effusion du sang, à la haine, au radicalisme et au takfirisme.

L’expérience marocaine dans la lutte contre le terrorisme, au niveau national et international, est reconnue mondialement. Les services de renseignement marocains ont réussi à démanteler plusieurs cellules terroristes dont les ramifications dépassaient nos frontières. Autant dire que ces succès caractériseront la méthodologie qui sera appliquée à la neutralisation du danger éventuel que représenterait le retour des «jihadistes» marocains dans le royaume. Jusqu’à maintenant, ce sont les approches sécuritaire et judiciaire qui ont été privilégiées pour resserrer l’étau sur ces revenants indésirables. Et pour cause, elles sont les mécanismes prioritaires pour les affronter eu égard à la dangerosité qu’ils représentent pour la sécurité de l’Etat.

Le quotidien Al Ahdath Al Maghribia rapporte, dans son édition du lundi 31 décembre, que depuis la défaite de Daesh en Syrie et en Irak, les pays dont des ressortissants ont combattu dans cette région redoutent leur retour. Des inquiétudes qui ont été confirmées par un rapport du Centre européen de lutte contre le terrorisme qui a émis la probabilité du retour du tiers des combattants dans leur pays.




Certains d’entre eux, ajoute le rapport, seraient tentés d’y commettre des attentats. Les enquêtes de plusieurs services de renseignements ont révélé qu’Abou Bakr Al Baghdadi a planifié, depuis des mois, le retour de ses affidés dans leurs pays d’origine. Il leur a fait signer des formulaires dans lesquels ils s’engagent à commettre des attentats. Ils deviendront ainsi des bombes à retardement susceptibles d’exploser à n’importe quel moment et dans n’importe quel lieu.

Le directeur du BCIJ, Abdelhak EL Khayam, avait mis en garde, il y a quelques jours, contre le retour des combattants marocains de Daesh qui auraient déjà planifié des attentats au Maroc. Jusqu’à maintenant, le Maroc n’a pas révélé sa stratégie pour affronter ce phénomène. El Khayam a réaffirmé que chaque terroriste qui revient au Maroc sera arrêté, interrogé et déféré devant le juge d’instruction chargé des affaires du terrorisme près de la cour d’appel de Salé. Le même responsable a affirmé que les services de sécurité ont arrêté, entre 2015 et 2016, 71 terroristes en provenance de plusieurs zones de tension dont 47 revenaient de Syrie et d’Irak et 6 de Lybie. Autant dire, ajoute El Khayam, que les actions préventives, axées sur le suivi et la surveillance des terroristes, donnent des résultats probants.

Le directeur du BCIJ révèle que 1.668 marocains ont rejoint Daesh. Ils sont tous connus des services de la police et seront arrêtés dès qu’ils essaieront d’entrer au Maroc. Le responsable précise qu’une centaine ont été arrêtés et présentés devant la justice. Le chercheur marocain spécialiste des mouvements djihadistes, Abdellah Rami, estime que «l’approche sécuritaire est prioritaire et nécessaire face au retour des terroristes qui reviennent des zones de combat». Quant à l’élimination de ce phénomène, d’une manière radicale, elle nécessite l’élaboration d’une stratégie idoine à laquelle participeront les responsables de l’Etat et les acteurs civils.




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