Action gouvernementale: El Khalfi pour l’intensification de l’effort de développement

La consolidation des réformes politiques et socio-économiques constitue une étape importante dans le renouveau du modèle de développement du Royaume, a souligné le ministre chargé des relations avec le Parlement et la Société Civile, porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi.




Dans une interview accordée à la MAP, autour du bilan de l’action gouvernementale au titre de l’année 2018, M. El Khalfi a relevé qu’en dépit des indicateurs positifs enregistrés sur plusieurs plans cette année, il y a un besoin pressant d’intensifier les efforts en matière de développement.

Sur le plan social, il a fait savoir que l’année 2017-2018 a été marquée par une orientation sociale destinée aux catégories vulnérables et pauvres et au soutien du pouvoir d’achat et de la classe moyenne, précisant que malgré les étapes franchies dans le domaine social, ce secteur nécessite un traitement profond.

De même, il a noté que des moyens ont été mobilisés en vue de mettre en œuvre des mesures concrètes, en particulier dans le domaine de l’enseignement, auquel 70.000 postes budgétaires ont été alloués durant les deux dernières années. Ce projet, ayant nécessité une enveloppe budgétaire de 7 milliards de dirhams (MMDH) vise à lutter contre la déperdition scolaire et la surcharge des classes, a rappelé le ministre, estimant que la qualité de l’enseignement est tributaire de la mobilisation des ressources humaines qualifiées.

Il a également été procédé, a poursuivi M. El Khalfi, au renforcement du programme « Tayssir » consistant à apporter un soutien financier aux ménages pauvres et démunis pour lutter contre l’abandon scolaire, puisqu’il a permis de réduire le taux de la déperdition scolaire dans plus de 400 communes.

Il a également souligné que le gouvernement tend vers la généralisation de ce programme dans toutes les communes du Royaume, dans le but de porter le nombre de bénéficiaires de 700.000 élèves à plus de 2 millions.

La mise en œuvre de ce programme est de nature à contribuer à l’amélioration du niveau de scolarisation des élèves bénéficiaires et à la réduction du taux de déperdition scolaire, pour passer de 5,7% actuellement au primaire en milieu rural à 1% au titre de l’année scolaire 2024-2025 et de 12% actuellement en collégial au milieu rural et urbain à 3% au titre de l’année scolaire 2024-2025, a précisé le ministre. Pour ce qui est des programmes sociaux liés au système éducatif, M. El Khalfi a fait savoir qu’une bourse universitaire a été octroyée pour la première fois aux étudiants de la formation professionnelle titulaire d’un baccalauréat, ainsi que l’élargissement de la bourse de l’enseignement supérieur, qui profite désormais à 440.000 étudiants, ajoutant que 20% des étudiants éligibles à la bourse n’en bénéficient toujours pas.




Ces mesures ont permis au budget de l’enseignement d’atteindre 68 MMDH, alors qu’il a été estimé depuis 10 ans à 36 MMDH, a-t-il dit, soulignant que cet énorme budget témoigne de l’intérêt porté au secteur de l’enseignement et ce, réfutant ainsi les allégations prétendant que l’Etat compte abandonner ce secteur. « Il s’agit d’un choix auquel le Royaume a adhéré, partant du fait que le capital humain est l’un des piliers du renouveau du modèle de développement », a-t-il ajouté.

En ce qui concerne la généralisation graduelle de l’enseignement préscolaire, quelques 100.000 élèves supplémentaires seront inscrits pour un budget d’un milliard et 365 millions de dirhams, a poursuivi M. El Khalfi, notant que le projet de loi-cadre relatif au système d’éducation et de formation constituera, une fois adopté, l’une des grandes réformes en 2019 et un saut qualitatif dans le processus de l’éducation au Maroc.

S’agissant du secteur de la santé, le ministre a indiqué que ce secteur est confronté à plusieurs défis, notamment l’accès des citoyens à des services de santé de qualité et de proximité dans le cadre du respect de l’équité territoriale, pointant du doigt l’existence de certains défis liés aux ressources humaines, aux infrastructures et aux équipements médicaux, qui, selon lui ne permettent pas de garantir le droit à la santé à tous et offrir des services de qualité aux citoyens.

Dans ce cadre, il a cité deux indicateurs, le premier porte sur le nombre des cadres médicaux pour la population estimé au Maroc à 1,5 pour 1.000 personnes, alors que la moyenne mondiale est de 4,5, mettant l’accent sur les efforts déployés par le gouvernement en vue de doubler le nombre des cadres médicaux.

De même, le budget du ministère de la Santé a doublé durant cette dernière décennie, passant de 8 MMDH à 16 MMDH, ce qui explique la nécessité d’investir dans les ressources humaines, a-t-il soutenu.

Le deuxième indicateur, selon M. El Khalfi, concerne la gouvernance du Régime d’assistance médicale (RAMED), d’où la nécessité de créer un organisme gestionnaire indépendant, comme moyen permettant de résoudre le problème de la gouvernance de ce régime.

Dans ce contexte, le gouvernement a poursuivi sa politique de réduction des prix des médicaments et s’est mobilisé pour assurer l’ouverture de nouveaux hôpitaux, a-t-il indiqué, soulignant que l’exécutif veille sur l’accompagnement de plusieurs centres médicaux et l’adoption de la loi relative à la généralisation de la couverture médicale. « Il est inacceptable qu’un tiers des Marocains ne bénéficient pas de la couverture médicale’’, a-t-il martelé.

M. El Khalfi a rappelé le début de la mise en œuvre du Programme de réduction des disparités en milieu rural qui concerne environ 22.000 douars au niveau national, avec un budget annuel estimé à 7 milliards de dirhams, ajoutant qu’il sera procédé durant la période allant de 2017 à 2019 à la réalisation de 40% du programme, à savoir, les routes, l’électricité, la santé, l’eau potable et l’éducation.

Le ministre a souligné, dans ce sens, que la satisfaction des besoins sociaux et l’amélioration du niveau de vie du citoyen nécessitent un effort considérable de développement, soulignant que le gouvernement œuvre en faveur du renouvellement du modèle de développement, eu égard au taux de croissance enregistré actuellement au Maroc qui demeure insuffisant.

M. El Khalfi a également passé en revue plusieurs indicateurs positifs enregistrés par l’économie nationale au cours de cette l’année, notamment l’investissement direct étranger au Maroc, dont les flux de capitaux ont dépassé à fin octobre dernier 39 milliards de dirhams, soit une augmentation de 41% par rapport à la même période de l’année précédente. La valeur des investissements directs étrangers a depuis 2012 atteint 256 milliards de dirhams depuis le début de l’année en cours, ce qui reflète l’attractivité croissante du Royaume, s’est-il réjoui, relevant que le taux de couverture des importations par les exportations n’avait pas atteint 50% en 2012, alors qu’il dépasse cette année les 57% en raison de la hausse des exportations des secteurs de l’automobile, des textiles et des aéronefs, outre les secteurs liés aux industries alimentaires et au phosphate.




Dans le même ordre d’idées, M. El Khalfi a souligné que le rythme des investissements publics avait enregistré une tendance à la hausse dans la mesure où le budget des investissements du secteur public atteindra 73 milliards de dirhams au cours de l’année prochaine, soit une augmentation de 5 milliards de dirhams, ce qui contribuera positivement à la création des emplois, sachant que 100 milles emplois dépendent directement des investissements publics. En guise de mesures incitatives, le ministre a cité la réduction de l’impôt sur les sociétés dont les bénéfices sont inférieurs à un million de dirhams et plus de 300.000 dirhams dans la seuil de 2,5%, à l’annulation de dettes liées à des prêts publics accordés à de jeunes entrepreneurs, ainsi que la liquidation de l’impôt de la taxe sur la valeur ajoutée d’une valeur de 40 milliards de dirhams.

Ces mesures ont pour objectif de créer des emplois surtout après la tendance positive enregistrée dans ce domaine selon les données préliminaires pour 2018, selon lesquelles 122 milles emplois au total ont été créés au mois de septembre. Le défi actuel consiste à augmenter le taux de croissance, a relevé le ministre, soulignant la nécessité de procéder à une refonte profonde du modèle de développement marocain par le biais de la mise en place de nouvelles ressources de croissance, l’émergence de nouveaux secteurs économiques et en doublant la cadence de travail des secteurs économiques actuels avec à la clé la consolidation de la gouvernance économique et la cohérence des politiques.

Le porte-parole du gouvernement a affirmé que l’année 2018 n’était pas une année facile sur le plan politique, marquée par plusieurs difficultés et d’importants défis, notamment la ratification de la loi portant réorganisation du Conseil national des droits de l’homme, la mise en œuvre de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption ainsi que l’instauration de l’Instance de probité, de prévention et de lutte contre la corruption.

Il a également été question du retrait de 1.400 licences en vue de promouvoir l’intégrité et la concurrence loyale avec l’adoption d’une nouvelle loi dans le domaine de l’exploitation des carrières, sans pour autant oublier l’importante avancée relative à l’annonce du Plan d’action national en matière de démocratie et de droits de l’Homme en 2017, outre l’ambitieux programme Moussalaha qui entend assurer les conditions les meilleures de réinsertion participative des personnes qui purgent des peines pour des affaires d’extrémisme et de terrorisme. Il a aussi rappelé le progrès réalisé dans la mise en œuvre de la régionalisation avancée avec l’adoption de 70 décrets d’application et de la charte nationale de déconcentration administrative, comme cadres adéquats pour les programmes de développement régional dans le cadre contractuel avec l’État.

Sur le plan politique, l’année a également été marquée par des progrès dans le système de présentation des pétitions comme l’une des composantes essentielles de la démocratie participative, la création d’organes de consultation publique, la promulgation de la loi relative au Conseil consultatif de la jeunesse et de l’action associative et plusieurs autres réalisations importantes allant dans le sens du renforcement des droits humains et du respect des libertés individuelles et collectives.




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