Une famille en colère : Le présumé pédophile de Nador a été acquitté

La cour d’appel de Nador vient d’acquitté un homme accusé d’avoir violé un enfant de neuf ans, lors de la deuxième audience de ce procès ouvert le 28 novembre dernier, indique le HuffPost Maroc.



  
Après le prononcé du verdict, la famille de Abdelhadi est sans voix. Selon le récit de sa famille, le petit garçon aurait été « violé par le mari de sa tante maternelle au cours des funérailles de son grand-père maternel ». Une plainte avait été alors déposée et des certificats médicaux établis.

Le présumé coupable, 67 ans, résidant en Belgique, avait alors été arrêté, puis poursuivi en détention avant d’être relâché et autorisé à quitter le territoire par la levée de l’interdiction de franchir les frontières, d’après le récit de l’oncle paternel de la victime, précise le HuffPost. « J’avais protesté contre cela, à l’occasion de la première audience », a déclaré au site d’information la présidente de l’association « Touche pas à mes enfants », Najia Adib. “J’ai emmené la victime avec moi et elle lui a raconté les faits avec précisions en décrivant même les lieux où elle a subi ce viol… Je ne m’attendais pas à l’acquittement!”, dit-elle consternée. Pour elle, le verdict a l’effet d’une douche froide: “Je me sens glacée, je tremble”.

« Nous allons faire appel de ce verdict, d’autant que le ministère public avait demandé à la cour une enquête complémentaire, mais sa requête avait été rejetée. Nous allons retenter notre chance auprès de la deuxième instance », a annoncé de son côté l’avocat de la victime Me Khalid Ameza. Il précise également qu’il attend de récupérer une copie du jugement pour « comprendre » les raisons qui le légitiment.

Il se dit toutefois peu surpris de cet acquittement. « Les tribunaux, chez nous, se basent encore sur des éléments de preuve classiques dans des affaires d’agressions et des crimes liés au viol. Ils privilégient les témoins oculaires, les aveux et le flagrant délit, mais, ailleurs, ce genre d’agression est prouvé par des certificats médicaux et des expertises psychiatriques», a-t-il encore dit au HuffPost Maroc.

Une autre défaillance a été soulevée par cet avocat: le peu d’éléments à charge contre l’accusé. “Je pense qu’il fallait creuser, mener une enquête approfondie sur lui. Il y aurait eu, apparemment, une autre victime, dans les années 80, qui se serait suicidée. Aucune plainte n’avait été déposée à l’époque mais il fallait enquêter sur ce point, auditionner la famille de la victime”, pense-t-il.



  
>> À lire aussi: