Aung San Suu Kyi déchue d’un prix par Amnesty International

L’organisation de défense des droits de l’Homme, Amnesty international, a retiré, lundi, son plus prestigieux prix à la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, en raison de son manque de compassion devant les exactions perpétrées par l’armée de son pays contre la minorité musulmane des Rohingyas.




L’organisation, basée à Londres, a annoncé qu’elle a déchu Suu Kyi du prix d’ambassadeur de la conscience qui lui a été décerné en 2009, lorsqu’elle était assignée à résidence, sous la surveillance de la junte militaire.

« En tant qu’ambassadrice de conscience d’Amnesty International, nous espérions que vous utiliseriez votre autorité morale pour dénoncer l’injustice partout où vous la verriez, même en Birmanie », a écrit le secrétaire général de l’ONG, Kumi Naidoo dans un courrier adressé à Aung San Suu Kyi.

« Nous sommes consternés de constater que vous ne représentez plus un symbole d’espoir, de courage et de défense indéfectible des droits de l’homme », a-t-il ajouté, en soulignant « nous vous retirons donc ce prix avec une profonde tristesse ».

Aung San Suu Kyi avait été nommée ambassadrice de conscience d’Amnesty en « reconnaissance de sa lutte pacifique et non violente pour la démocratie et les droits humains ».

Entre août et décembre 2017, plus de 700.000 Rohingyas ont fui la Birmanie vers le Bangladesh voisin après une offensive de l’armée birmane, marquée par des exactions contre cette minorité, des viols, des exécutions extrajudiciaires et des villages incendiés.

Fin septembre, la Canada a retiré la nationalité canadienne honorifique accordée à San Suu Kyi pour son refus de dénoncer le « génocide » de la minorité musulmane des Rohingyas.




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