Neuf manifestants de Jerada condamnés à des peines de prison

La justice marocaine a condamné neuf personnes à des peines allant de 3 à 5 ans de prison ferme, en lien avec le mouvement de protestation dans l’ancienne cité minière de Jerada en 2017-2018.




Le tribunal de première instance d’Oujda a condamné jeudi cinq d’entre eux à 5 ans de prison ferme et quatre autres à 3 ans, notamment pour « destruction de bien publics, incitation à commettre des crimes et délits ou participation à une manifestation non autorisée », a déclaré leur avocat, Me Abdelhak Benkada.

Tous étaient incarcérés depuis mi-mars, suite à des affrontements entre forces de l’ordre et protestataires lors d’une manifestation interdite ayant fait 312 blessés chez les forces de l’ordre et 32 chez les manifestants, selon un bilan officiel. Trois prévenus comparaissant libres ont par ailleurs écopé de peines allant d’un à six mois de prison avec sursis, a précisé Me Benkada.

La ville sinistrée de Jerada a été secouée par un mouvement de protestation après la mort de deux mineurs dans des puits abandonnés, fin décembre 2017, suivie de deux autres décès accidentels dans des conditions similaires. Mercredi, un jeune de 18 ans est décédé après l’effondrement d’un puits de charbon désaffecté à Jerada où il était descendu chercher du charbon.

Face aux protestations qui ont duré de décembre 2017 à avril 2018, les autorités avaient mis en place une série de mesures pour relancer l’économie locale, et avaient promis de fermer les puits abandonnés avec un plan de reconversion pour les mineurs clandestins.

Selon l’avocat Abdelhak Benkada, 95 personnes ont à ce jour été arrêtées à la suite de ces manifestations, dont 25 ont déjà été jugées. Avant la fermeture à la fin des années 1990 d’une importante mine jugée non rentable, l’activité minière employait quelque 9.000 ouvriers et constituait la principale source économique de Jerada.

Les habitants réclamaient depuis une alternative aux mines clandestines, dans lesquelles s’aventurent des centaines de mineurs pour extraire du charbon de façon artisanale afin de le vendre à des négociants locaux, surnommés localement les « barons » et dotés de permis de commercialisation.




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