France: La justice saisie pour annuler le prénom Jihad donné à un nouveau-né

La mairie de Dijon a saisi la justice pour faire annuler le prénom, choisi la semaine dernière par la mère d’un nouveau-né.

Une nouvelle polémique autour du prénom « Jihad ». En octobre 2017, en Haute-Garonne, un couple s’était vu refuser le prénom pour leur nouveau-né par la justice. Cette fois, c’est une mère de Dijon qui a fait ce choix pour son fils. La mairie a saisi le parquet, qui compte délivrer une assignation pour annuler le prénom.

De « Jihad » à « Jahid »
La mère de l’enfant sera convoquée « pour une audience devant le juge aux affaires familiales de Dijon », a indiqué à l’AFP le procureur de la République de Dijon, Eric Mathais. « Même si le prénom de Jihad ou Djihad est un prénom attribué dans le monde arabe et qui signifie sur le livre des prénoms du monde arabe: ‘combat sacré’, ‘guerre sainte’, ‘travail’, ‘effort’, et qu’il peut donc avoir un sens positif, il n’en demeure pas moins que dans l’opinion publique et au vu du contexte terroriste actuel, ce prénom est nécessairement associé aux mouvements intégristes », a expliqué le magistrat.

Il a également souligné qu’il craignait pour l’enfant « une stigmatisation, voire des moqueries ou des remarques désobligeantes ». Or, selon l’article 57 du Code civil, le prénom doit être choisi par les parents « dans l’intérêt de l’enfant ».

Face à la réaction des institutions, la mère a indiqué au Bien Public, qui a révélé l’affaire, qu’elle se réservait « le droit de faire appel à un avocat » pour contester la décision si les motivations du refus ne lui « convenaient pas ».

Si le prénom lui est bien refusé, elle a précisé qu’elle échangerait deux lettres pour appeler son fils « Jahid ».

– Avec AFP –




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