Face à ses échecs, le Polisario s’en prend à l’assureur français Coface

Le Polisario a sommé l’assureur-crédit français Coface de cesser ses activités au Sahara, a indiqué dimanche l’avocat du mouvement sépartiste qui multiplie les offensives juridiques contre les entreprises qui y sont implantées.




La Coface (Compagnie française d’assurance pour le Commerce extérieure), qui assure notamment les entreprises ou les banques contre les défauts de paiement, s’est vue remettre le 31 octobre par huissier une sommation en ce sens, a affirmé à l’AFP Me Gilles Devers, joint depuis Alger.

« Nous lui laissons 15 jours pour répondre, si elle refuse, nous déposerons plainte au pénal pour crime de colonisation par transfert de population », a expliqué Me Devers qui invoquent deux arrêts de la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE), de 2016 et 2018.

Ces arrêts affirment, selon l’avocat, que « le Maroc et le Sahara sont deux territoires distincts », que « le Maroc n’est souverain ni sur ce territoire, ni sur les eaux adjacentes, et qu’il ne peut y avoir d’activité économique qu’avec le consentement du peuple du Sahara ».

La Coface, qui apportait jusqu’à sa privatisation en 1994 la garantie de l’Etat français aux entreprises françaises exportatrices, bafoue le contenu de ces arrêts en n’y faisant aucune référence dans ses notes d’information et en publiant sur son site internet une carte du Maroc qui comprend le Sahara, estime l’avocat.

Le Polisario a multiplié récemment les offensives juridiques et judiciaires: devant la CJUE, mais aussi en faisant notamment saisir en Afrique du Sud une cargaison de phosphate extrait du Sahara.

En septembre, il a déposé plainte contre la conserverie française Chancerelle, implantée sur la côte sud du Maroc et en octobre contre six entités françaises opérant sur ce territoire: les banques BNP-Paribas, Société générale et Crédit agricole, l’assureur Axa, la compagnie aérienne Transavia, filiale d’Air France et l’association touristique UCPA.

Selon Me Devers, ces plaintes se fondent sur l’article 461-26 du Code pénal français, qui sanctionne la participation au « transfert par une puissance occupante d’une partie de sa population civile dans le territoire qu’elle occupe ».​




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