Bourita: le Maroc ne sera jamais le gendarme de l’Europe

«La migration n’est pas une problématique sécuritaire, c’est une question de sécurité humaine» a affirmé Nasser Bourita qui s’exprimait vendredi devant les journalistes africains participant à la deuxième édition du Forum les «Panafricaines».




Le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale a été encore une fois on ne peut plus clair en matière de gestion du flux migratoire entre l’Afrique et l’Europe : «Le Maroc n’a jamais été, n’est pas et ne sera jamais le gendarme de qui que ce soit».

S’exprimant vendredi à Casablanca devant les journalistes africaines participant à la deuxième édition du Forum les «Panafricaines», le chef de la diplomatie marocaine a ajouté que la coopération entre l’Afrique et l’Europe dans ce domaine ne peut être exclusivement sécuritaire, au risque de donner lieu à une externalisation du contrôle des frontières.

«La migration n’est pas une problématique sécuritaire, c’est une question de sécurité humaine», a-t-il insisté, tout en mettant en garde contre certaines «bien mauvaises idées», évoquant notamment à cet égard les «centres de débarquement de migrants» qui, «au-delà de leur incapacité à répondre au symptôme, affectent le socle des valeurs qui sous-tendent la condition même d’humain».

M. Bourita a fait observer, à ce sujet, que ces idées sont «non seulement inefficaces, mais également contre-productives, court-termistes et inévitablement dangereuses». Il a, en outre, noté qu’à «ces solutions de facilité», le Maroc oppose une approche humaniste et solidaire, adoptant à partir de 2014 une politique d’immigration et d’asile pionnière dans la région. «Cette politique migratoire favorise l’intégration durable des migrants. Elle touche à la fois à l’éducation, la santé et l’emploi, avec une attention spécifique aux femmes migrantes», a souligné M. Bourita.

La position exprimée par le ministre des Affaires étrangères corrobore celle exprimée par le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et la société civile, porte-parole du gouvernement, qui avait réitéré, au début de ce mois, le refus catégorique du Maroc d’abriter des centres d’accueil pour migrants. «La création de centres d’accueil pour migrants n’est qu’une tentative d’externaliser le problème et ne constitue pas une solution», avait affirmé M. El Khalfi lors d’un point de presse tenu à l’issue de la réunion du Conseil de gouvernement.

Le même responsable gouvernemental avait ajouté dans le même ordre d’idées : «nous avons besoin d’une solution de long terme et non pas d’une solution immédiate conjoncturelle». Le Maroc a choisi de défendre une approche humaine et multidimensionnelle de la question migratoire, avait-il relevé, précisant que le Royaume a donné l’exemple en décidant la régularisation de la situation de plus de 50.000 migrants et en répondant favorablement à près de 3.000 demandes de participation au programme de retour volontaire.

Pour rappel, Nasser Bourita avait exhorté, jeudi à Rabat, les médias africains à porter une image «lucide» et «authentique» qui reflète la réalité du continent, notamment concernant la question migratoire.

Cette politique a permis, à travers 2 campagnes de régularisation lancées en 2014 et en 2017, de régulariser plus de 50.000 personnes, parmi lesquels 95% sont des ressortissants de pays africains, dont 18.819 migrantes femmes », a-t-il poursuivi rappelant qu’au total, plus de 60 000 dossiers ont été reçus et traités à un taux de satisfaction de plus de 80%.




>> À lire aussi: