Collectif « Action Casa »: Un groupe de volontaires pour une Casa-blanche !

Ils se sont donnés rendez-vous au souk de Benjdia de Casablanca, le dimanche matin 9 septembre. Vêtus de gilets fluorisés et munis de sacs en plastics, de ballets et de pelles, mais aussi de tracts…





Ils s’affairent, se penchent pour ramasser les déchets, distribuent des sacs poubelles, des tracts, des affiches imprimées et autres supports contenant des messages du type « je ne jette pas des déchets par la fenêtre », « je respecte ma ville ». Ils discutent environnement avec les marchands, les passants et les curieux.Ce sont les membres du collectif Action Casa.

Certains sont venus en famille, d’autres en solo. Bien qu’ils sont de différents bords, formations, classes sociales et âges… leur devise est une : « Agir ensemble pour voir s’améliorer notre ville au lieu de constamment se plaindre sur les réseaux sociaux ».

Le mouvement a aujourd’hui une année d’existence et est né sur la page Facebook « Save Casablanca », un groupe de plus de 150.000 membres qui a pour vocation de dénoncer les dysfonctionnements de la ville et pointer du doigt aussi bien les comportements inciviques des citoyens que les manquements dans la gestion de la ville à imputer aux divers intervenants publics et administrations.

Action Casa a ainsi organisé jusqu’ici une vingtaine d’opérations de nettoyage et de sensibilisation sur des sites aussi divers que des cimetières, des plages, des forêts, des places en milieu urbain dense, des marchés, ou bien encore un terrain de sport.

Et c’est toujours le même modus operandis. « Nous organisons principalement des actions de nettoyage citoyen de sites que les membres de notre groupe proposent au vote. Chaque site recueillant plus de dix votes est automatiquement programmé », explique Nabil Bazine, architecte et administrateur du groupe Facebook Action Casa.

Les actions sont initiées sur un rythme mensuel et ne durent pas plus qu’une heure, toujours les dimanches à partir de 10h30.

Le nombre de participants varie à chaque fois et peut atteindre jusqu’à 60 participants, comme par exemple sur la Place des Nations Unies.

« L’impact sur les citoyens, sur le site lui même est très variable. Il va de la simple curiosité, à l’envie de participer, ou bien au refus et à l’incompréhension. Autant de réactions qui mènent souvent à des discussions pour expliquer que notre but n’est pas tant de nettoyer que de montrer les bons gestes et la bonne attitude citoyenne », souligne M. Bazine.




L’action de sensibilisation, de nettoyage s’achève souvent par une collation offerte par les membres du collectif.

« C’est un véritable moment de partage et de discussion sur le devenir et l’état de notre cité. Parce que l’action citoyenne permet aussi de porter soi-même un autre regard sur la ville, un regard qui ne soit pas emprunt d’antagonisme et de rejet, mais plutôt d’appartenance », indique ce membre d’Action Casa.

Le collectif se félicite du fait qu’il a toujours bénéficié de l’aval des autorités. Ces dernières « ont fait preuve de beaucoup de compréhension quant au bien fondé de notre démarche, car elle est, bien sûr, complémentaire avec leur travail », et ce, bien que ce mouvement ne soit pas une association. En effet, Action Casa ne dispose pas de subvention financière, ni de bureau fixe et ses membres ne sont pas permanents.

« Les associations qui œuvrent pour l’environnement sont comptées sur le bout des doigts et s’essoufflent du fait de leur organisation pyramidale, de leur faible capacité à renouveler leurs membres et aussi de leur absence sur les réseaux sociaux », estime M. Bazine, déclarant: « nous sommes un collectif libre qui n’a pas vocation à devenir association ».

Et pour cause, selon lui, les réseaux sociaux et notamment Facebook fournissent des outils très efficaces pour organiser des « Flash mob », c’est-à-dire des mobilisations sur un lieu donné en recrutant des personnes différentes mais motivées par la même envie : agir directement au sein de la ville au lieu d’observer et de subir.

Dans la même veine, toutes les actions du collectif sont documentées sur le groupe Facebook « Action Casa », puis relayées sur les réseaux sociaux, pour une continuité de la sensibilisation sur la toile numérique, car c’est là où l’impact est désormais le plus fort pour changer les mentalités avant d’agir sur le terrain.




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