Steinway Street, le quartier new-yorkais qui parle marocain

A Astoria, dans le Queens, à un jet de pierre des gratte-ciels de Manhattan, se dresse le petit quartier arabe de Steinway Street.
Neighborhood aux allures tranquilles qui abrite une importante communauté arabe et musulmane, notamment marocaine, et où prospèrent une multitude de commerces, cafés et restaurants moyen-orientaux qui font le bonheur de ses habitants et visiteurs.


Dans la Grosse Pomme, Astoria et Steinway Street, en particulier, restent bien connus des membres de la communauté arabe et marocaine, dont une grande partie a choisi d’y élire domicile.Et pour cause. Car au-delà de ses loyers abordables et sa proximité des quartiers d’affaire de Manhattan, Astoria concentre une grande diversité ethnique, ainsi que de multiples restaurants, supermarchés et épiceries fines représentatifs de ses communautés, y compris arabe et marocaine.

Ces commerces offrent, en effet, une abondance de produits alimentaires importés de différents pays arabes et musulmans, y compris du Maroc, souvent difficiles à retrouver ailleurs à New York à prix abordable.

« On trouve de tout ici. C’est comme au Maroc ! », se réjouit Tarik, Marocain installé de longue date dans le quartier.

« Produits de conserves marocains, viandes, gâteaux traditionnels, crêpes, Mssemen, Chebakia. Il y en a pour tous les gouts », lance-t-il avec un grand sourire, comme pour dire qu’il ne compte déménager d’Astoria pour rien au monde.


En effet, en rentrant à l’une des épiceries marocaines de Steinway Street, on a l’impression d’être au Maroc avec autant de produits importés : couscous, conserves de sardines, confiture Aïcha, huile d’olive marocaine, boites de thé vert, et même les bons vieux biscuits Henry’s.

Et la clientèle, essentiellement marocaine, ne se fait pas attendre.

« Les affaires marchent très bien », se réjouit Hicham, « le Tangérois », propriétaire et gérant des lieux.

Selon lui, Steinway Street reste par excellence le quartier arabe et marocain de New York, où les membres de cette communauté « se sentent chez eux ».

Même son de cloche chez Youssef, jeune étudiant marocain installé depuis quelques années à New York, qui dit venir souvent à Astoria pour manger un plat marocain dans l’un des restaurants du quartier, ou boire un thé à la menthe avec ses amis dans l’un des cafés marocains du coin.

« L’ambiance est décontractée à Astoria et on se sent presque comme au Bled ou dans un pays arabe « , confie ce natif de Kénitra, qui mène un rythme de vie chargé entre études universitaires durant la journée et un job de chauffeur de voiture Uber le soir.

Surnommée également « Litte Egypt » (la petite Egypte), en raison des nombreux cafés et restaurants égyptiens, libanais et tunisiens qui y avaient ouvert leurs portes depuis le début des années 1990, le visiteur à cette partie d’Astoria se croirait facilement dans n’importe quel quartier du Moyen-Orient ou d’Afrique du Nord.

Car Steinway Street, nommé initialement d’après une fameuse famille allemande qui avait ouvert à Astoria une usine de pianos durant les années 1870, s’est transformé au fil des ans au rythme des cultures et traditions des communautés ethniques qui s’y étaient installées.

Ce sont d’abord les immigrés grecs et italiens qui y avaient élus domicile, avant d’être rejoints par les communautés arabes à la fin des années 1980. Longtemps considéré comme un fief de ces deux communautés méditerranéennes, le quartier connaitra une transformation notable au cours de ces deux dernières décennies avec l’arrivée d’une nouvelle vague d’habitants originaires d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.


Ces derniers imprégneront inéluctablement le caractère et l’ambiance actuelle du quartier avec l’ouverture de dizaines de cafés, de restaurants et d’épiceries arabes.

Ali El Sayed, sexagénaire égyptien et propriétaire de Kabab Café, probablement l’un des premiers café-restaurants arabes à ouvrir à Steinway Street en 1987, fut un témoin privilégié des transformations qu’a connues le quartier depuis cette époque.

Selon lui, la multitude de cafés, commerces et épiceries arabes qui y ont ouvert leurs portes depuis cette date ont joué un rôle majeur dans l’évolution du quartier, qui compte aujourd’hui au moins une bonne dizaine de mosquées, et une scène culturelle et gastronomique vibrante qui attire, en plus des membres de la communauté arabe, les jeunes bobos de Manhattan en quête de nouvelles expériences nocturnes et de saveurs culinaires orientales authentiques.

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