Belgique: Le Maroc à l’honneur de la Fête de la Communauté française

Le Maroc sera l’invité d’honneur de «La Saison artistique et culturelle de 2012» de la Communauté française de Belgique dans le cadre de ses programmes de coopération internationale, a annoncé, lundi à Bruxelles, Fadila Laanan, ministre belge de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Egalité des Chances de la Communauté française de Belgique.





Cette manifestation donnera aux citoyens belges et européens l’opportunité de découvrir la diversité et la vitalité des initiatives associatives de la société civile marocaine, a fait savoir, Mme Laanan, lors d’un colloque international sur le thème «Maroc-UE : les enjeux du partenariat».

«La Saison artistique et culturelle» sera une manière vivante de montrer une société à l’œuvre et en développement, tout en contribuant à intensifier davantage les échanges entre les deux communautés», a précisé la présidente du Conseil des ministres européens de la Culture, dont le pays assure la présidence tournante de l’UE.

Les coopérations multilatérales et bilatérales sont indispensables et complémentaires, étant des leviers contribuant au développement de la société marocaine dans un contexte de rapprochement accru avec l’Union, mais aussi un enrichissement individuel et collectif pour l’Europe.

Mettant en relief l’importance de «la connaissance des standards», la ministre belge a, en outre, souligné la nécessité du respect des spécificités culturelles de chaque société.

Pour sa part, l’ambassadeur du Maroc en Belgique et au Luxembourg, M. Samir Addahre a mis en exergue le caractère «multidimensionnel» du partenariat euro-marocain qui embrasse autant les domaines politique, économique, commercial, financier, scientifique que culturel et humain.




Le diplomate a, à cet égard, souligné l’importance du volet humain qui constitue l’un des moteurs essentiels de la réussite des relations maroco-européennes, d’où l’intérêt d’avoir placé la dimension humaine au cœur de «la grande ambition commune que constitue le Statut avancé».

Pour ce faire, les deux parties ont décidé ensemble de décliner concrètement, la mise en œuvre des actions s’insérant dans le cadre du volet humain de leur partenariat stratégique à travers nombre d’objectifs.

Il s’agit, entre autres, d’encourager les réseaux d’échange entre les acteurs de la société civile, de restructurer des relations entre entités territoriales, de rapprocher le système d’enseignement supérieur et de recherche et de formation professionnelle marocain à l’espace européen, a précisé M. Addahre.

Evoquant les aspects liés à la migration dans les relations maroco-européennes, le diplomate a souligné que «le Maroc et l’UE placent cette question au cœur de leurs préoccupations et leurs politiques mutuelles».

«Cela requiert des deux parties de favoriser une migration légale et réfléchie, et d’optimiser l’impact de la migration sur le développement, avec la participation active des migrants eux-mêmes et l’implication des acteurs non étatiques, y compris le secteur privé», a-t-il dit.

Il a, dans ce sens, fait savoir que le Maroc prône une coopération ambitieuse et équilibrée basée sur la solidarité et la responsabilité partagée, appelant à ce que les deux parties puissent aboutir à la facilitation des visas notamment pour les tranches de population actives dans les milieux d’affaires et dans les domaines académique, de la culture et de la recherche scientifique.

Dans la même optique, M. Driss Yazami, président du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME), a insisté sur la dimension humaine et culturelle des relations euro-marocaines, désormais inscrites dans le sillage de la déclaration conjointe sur le Statut avancé.

Le Maroc comme l’Union européenne sont liés, outre le Statut avancé, par un fait social essentiel en l’occurrence l’existence d’une communauté marocaine forte de près de trois millions de personnes, appelée à se développer et connaissant des mutations radicales, tout en étant engagée dans un processus d’enracinement dans les sociétés européennes.

Cette communauté, a-t-il dit, constitue d’ores et déjà, une source d’enrichissement extraordinaire pour les deux rives à condition de mener une politique active de lutte contre les discriminations et les préjugés, et de respect de la diversité culturelle.

Se distinguant par l’émergence d’élites dans tous les domaines (culturel, économique et politique), cette communauté aspire à s’intégrer tout en revivifiant ses liens avec le pays d’origine.

Conformément aux Hautes directives de S.M. le Roi Mohammed VI, le CCME avec les autres acteurs publics marocains, mène une politique active d’accompagnement des acteurs marocains de l’émigration, tout en respectant leurs choix et leur autonomie.




Les expositions «Le Maroc et l’Europe : six siècles dans le regard de l’autre» (14 octobre-14 novembre à Bruxelles), «Résonances» qui regroupe à Marrakech quinze plasticiens marocains du monde, en plus de la présence du CCME au Salon international de l’édition et de livre «SIEL», sont autant d’exemples de cette orientation.

Pour sa part, Khalil Hachimi Idrissi, président du directoire de ALM Publishing et directeur de publication du quotidien «Aujourd’hui Le Maroc» a souligné qu’à un moment où l’Europe s’interroge sur son avenir, il est important pour le Maroc de réfléchir avec le Vieux continent sur l’avenir de leur relation.

Le statut avancé doit pouvoir traduire cette évolution de «notre avenir commun», a-t-il poursuivi, estimant que la donne change très vite et doit tenir compte de l’évolution de tous les partenaires.

Et d’ajouter que «le statut avancé ne peut être efficace pour ce qui nous concerne que s’il trouve des relais dans l’intégration du Maghreb».

Le Maroc même s’il est très avancé avec l’UE sur une forme d’intégration originale ne peut tirer tous les profits de toutes les situations que si l’ensemble du Maghreb est aligné sur les même exigences et les mêmes ambitions, a indiqué Hachimi Idrissi.

Placé sous le Haut patronage de S.M. le Roi Mohammed VI, ce colloque a été organisé par la Mission du Maroc auprès de l’Union européenne.

>> À lire aussi: