Toulouse: enquête pour provocation à la haine contre un imam

La justice française a ouvert une enquête pour provocation à la haine à l’encontre de l’imam de la mosquée de Toulouse, Mohamed Tataiat, après un prêche controversé en arabe, soupçonné d’antisémitisme.





Dans un communiqué du parquet de Toulouse (sud-ouest) publié mardi, le procureur Dominique Alzeari indique « (qu’)après avoir fait vérifier (…) le contenu et les modalités de la diffusion du prêche », notamment avec une traduction certifiée, il a ouvert, le 20 septembre, une information judiciaire pour « provocation publique, par parole, à la haine ou à la violence en raison de l’origine, de l’ethnie, la nation, la race ou la religion ».

Cette enquête, également ouverte pour « provocation publique, au moyen de communication au public par voie électronique à la haine ou à la violence », a été confiée à deux magistrats.

Elle vise à la fois l’auteur du prêche ainsi que ceux qui ont diffusé le propos sur internet, avait précisé le procureur lundi.

Le parquet de Toulouse avait ouvert une enquête préliminaire après avoir reçu fin juin un signalement émanant des autorités locales.

Ce signalement visait une vidéo de décembre 2017 dans laquelle l’imam de Toulouse prêche en langue arabe et déclare notamment, selon le texte sous-titré en anglais: « (Le prophète Sallallâhu alayhi wa sallam) nous a parlé de la bataille finale et décisive: le jugement dernier ne viendra pas jusqu’à ce que les Musulmans combattent les Juifs ».

« Traduction pas fidèle »

Après l’émoi provoqué par la diffusion de cette vidéo, l’imam avait invoqué une « traduction pas fidèle » qui « n’est pas le vrai sens du hadith » qu’il cite dans la vidéo, où apparaît le logo de la chaîne Memri TV.





Mi-juillet, le recteur de la Grande mosquée de Paris (GMP) Dalil Boubakeur a finalement condamné et regretté « vivement les propos totalement incongrus » de Mohamed Tataiat après une première réaction jugée trop timide par le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, qui avait réclamé des clarifications.

L’Union des étudiants juifs de France (UEJF) avait également fait un signalement à la justice.

En juillet, le ministre algérien des Affaires religieuses, Mohamed Aïssa, avait pris la défense de cet imam, tout en rappelant qu’il ne faisait pas partie du contingent d’imams envoyés en France par l’Algérie.

« L’imam Mohamed Tataï est le fils d’une famille d’oulémas (théologiens)(…) il est inconcevable qu’il commette le péché de souiller les lois ou valeurs du pays dans lequel il travaille », avait déclaré le ministre algérien.

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