RAM: un passager raconte “le voyage de l’enfer” sur le vol Berlin-Casablanca

Suite au démenti de la RAM, au sujet du retard de son vol AT-817, Berlin-Casablanca, Mehdi Taibi, un des passagers s’est confié à HuffPost Maroc.

“Le retard pour une raison technique n’est pas un problème en soi, c’est le comportement et la communication de la RAM avec ses passagers qui le sont”.

La RAM avait publié un communiqué, il y a quelques jours, expliquant qu' »A contrario des informations infondées et inexactes diffusées sur les réseaux sociaux faisant état de la fuite de l’équipage d’un avion marocain en Allemagne et l’abandon de ses passagers à l’aéroport de Berlin depuis hier, le vol a été retardé à cause d’un problème purement technique dans l’appareil ». 




Mehdi Taibi, un membre de la jeunesse de la Fédération démocratique de gauche (FDG) souhaitant apporter “un complément d’information au communiqué de la compagnie” décrit “un calvaire inimaginable” qui l’a poussé à lancer une procédure de réclamation auprès de la RAM. 

Les faits se sont déroulés le vendredi 14 septembre, Mehdi Taibi et quatre de ses confrères de la jeunesse de la FDG attendaient d’embarquer sur l’avion vers 17h40, un retard est alors annoncé à l’aéroport de Berlin,. “C’est compréhensible et personne n’a contesté la nécessité de réparer une panne. C’est une question de sécurité avant tout. Mais au fur et à mesure que le retard se prolonge, les passagers commencent à s’interroger. De la salle d’attente où on se trouvait, on pouvait observer ce qui se passait sur le tarmac. Nous avons vu une équipe technique qui s’attelait à la tâche de la réparation de notre avion mais à 20h, elle a quitté l’appareil. C’est à ce moment-là que les passagers ont commencé à se poser des questions”, raconte Mehdi Taibi.

Aucune information sur l’avion ne leur a été communiquée par la RAM. “En l’absence de communication, chacun cherchant des informations par différents biais, nous avons entendu dire parmi les passagers que les techniciens avaient confirmé à l’aéroport et au commandant de bord que l’avion ne pouvait pas décoller ce soir-là. Mais personne ne nous a informé officiellement de quoi que ce soit”, proteste le jeune homme. Les passagers ont cherché à avoir des réponses réponse à leurs questions, sachant que l’aéroport de Berlin ferme ses portes le soir. “Quelques minutes avant la fermeture, à 23h passées, l’aéroport annonce en allemand et en anglais que le vol AT-817 est annulé. Les passagers sont alors conviés à se diriger vers un hôtel pris en charge par la RAM. Mais, c’était à nous de nous débrouiller pour le transport, car l’hôtel se trouve à 15km de l’aéroport”, explique-t-il .

Les passagers ont du se cotisent entre eux pour payer les taxis. “Nous étions à l’hôtel vers 1h du matin. Nous avons demandé à l’hôtel de joindre la RAM pour le paiement de la somme de garantie (50 euros) mais personne ne leur a répondu. Même le dîner n’était pas pris en charge! Nous devions encore nous débrouiller. On ne savait plus quand ce calvaire allait se terminer”, s’indigne-t-il.

Le lendemain, les passagers devaient se rendre à l’aéroport entre 6h et 7h du matin. 
“Au guichet, on nous a donc donné de nouveaux tickets mais avec des dates de la veille. Qu’importe, ce que nous voulions, c’était de prendre enfin notre avion (…) Sur le tableau d’affichage, 10h15 est passé à 11h, puis à 14h!”.  “Nous avions hâte d’en finir!”




“Pas d’excuse digne de ce nom”. Selon Mehdi Taibi, le chef de cabine s’est ”contenté d’excuses timides, comme s’il était question d’un retard de 18 min, alors que celui-ci était de 18h59mn!”. “Plus tard au cours du vol, tous les passagers endormis ont sursauté quand la sonnette de la vente commerciale a retenti. Après la panne et les péripéties que nous avions vécues, certains ont cru qu’il y avait un autre problème!”, ironise-t-il, convaincu que si “une boule de cristal” lui avait montré ce qui allait se passer la veille, il aurait payé un autre billet pour éviter ce qu’il appelle “le voyage de l’enfer”.

“Nous n’avons été pris en charge que partiellement, aucun bureau d’accueil de la RAM à Casablanca, pour nous réconforter ou nous rembourser (…) Nous avons choisi la RAM et pas le low-cost et nous avons eu droit à moins du minimum du low-cost”.

 “Nous avons demandé ce papier (attestation de retard de la RAM) au nom de tous les passagers à l’aéroport de Casablanca et nous avons eu droit à une réaction autoritaire de la part d’un responsable sensé assurer les conditions optimales des vols et des passagers ».

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