(Vidéo) Des marocains se font justice eux-mêmes

Une jeune fille a eu l’idée saugrenue de convier son harceleur à son domicile familial, lui tendant un piège. La suite interpelle.





«Chra’â lyad» ou se faire justice soi-même n’est plus l’apanage d’habitants de coins reculés du Royaume ou des temps anciens. Hélas, cette coutume voulant que les gens victimes d’un quelconque délit se fassent justice eux-mêmes semble avoir encore des adeptes de nos jours. Même si elle remonte à ce que les historiens appellent «la siba».

La vidéo qui circule sur la Toile, montrant un jeune homme ligoté et violenté par les membres d’une famille casablancaise, interpelle à plus d’un égard.

Les faits. Un jeune harcelait une jeune fille et lui envoyait des photos à caractère pornographique. N’en pouvant plus, cette dernière a fini par trouver une idée qui ne manque pas de culot pour confondre son harceleur et se venger de lui.

Elle l’a ainsi invité à son domicile familial, lui faisant miroiter monts et merveilles. Le jeune homme a mordu à l’hameçon. Mais une fois au domicile de sa «promise», il fut surpris par les membres de la famille de cette dernière, qui l’ont ligoté et l’ont roué de coups. Ils ont pris soin de filmer les supplications de l’intrus ainsi que les coups qui lui ont été assénés.

Le jeune homme a beau supplier, demander d’appeler la police pour échapper au supplice qu’on lui infligeait, il n’en a rien été.





Sur les réseaux sociaux, les avis sont partagés entre ceux qui applaudissent cette entreprise «intelligente» pour tancer les harceleurs et ceux qui estiment que cela s’inscrit en faux contre la loi.

Le Maroc, faut-il le rappeler, est un pays des institutions et où l’Etat de droit prime. Si la colère de la famille de la jeune fille harcelée est compréhensible, rien ne justifie pour autant qu’elle se fasse justice elle-même. Aux yeux de loi, elle est tout aussi coupable que le harceleur.

Si tout un chacun s’estimant lésé ou victime d’une injustice se venge sans faire appel à la police, c’est la loi de la jungle qui va prédominer.