Meurtre d’un garçon néerlandais: un suspect arrêté en Espagne, vingt ans après

Vingt ans après le meurtre du petit Nicky Verstappen qui avait bouleversé les Néerlandais, un suspect a été arrêté en Espagne et présenté lundi à la justice en vue d’être extradé aux Pays-Bas.

Caché dans une zone montagneuse près de Castellterçol, à 50 kilomètres de Barcelone, Jos Brech, Néerlandais de 55 ans, a été arrêté dimanche « alors qu’il sortait couper du bois », a indiqué lundi la police espagnole dans un communiqué.

Les images diffusées par la police montrent le suspect, vêtu d’un T-shirt vert, d’un pantalon beige et de sandales, menotté sur un chemin.




Présenté comme un expert en survie, Jos Brech avait de quoi pêcher, un livre sur les plantes comestibles et de la nourriture lyophilisée.

Il vivait « dans une tente dans les bois », près d’une maison où habitent plusieurs personnes sans domicile fixe, a expliqué au journal De Telegraaf le Néerlandais ayant permis à la police de remonter jusqu’au suspect après l’avoir reconnu sur des photos.

« Il m’a dit qu’il aimait vivre dans la nature et que c’est pour ça qu’il était là », a ajouté ce témoin sous couvert d’anonymat.

Au lendemain de son arrestation, le suspect a été déféré par la police devant le tribunal de Granollers, au nord-est de Barcelone, a indiqué à l’AFP une porte-parole des autorités judiciaires de Catalogne. Il doit être interrogé en vidéoconférence par des magistrats de l’Audience nationale, haut tribunal de Madrid chargé des procédures d’extradition.

Nicky Verstappen, 11 ans, avait disparu d’un camp de jeunesse dans la nuit du 9 au 10 août 1998 dans la province de Limbourg, dans le sud des Pays-Bas.

Ce camp d’été, dans lequel le suspect travaillait selon la police espagnole, se tenait dans la réserve naturelle de Brunssummerheide, près de la frontière avec l’Allemagne. Le corps de l’enfant, agressé sexuellement avant d’être tué, avait été découvert le lendemain soir près du camp.

– La famille veut des « réponses » –

Selon Jan Eland, procureur général de la province de Limbourg, Jos Brech pourrait être remis à la justice néerlandaise cette semaine s’il se montre coopératif. Dans le cas contraire, la procédure pourrait prendre de 60 à 90 jours.

« Nous sommes soulagés que cela soit allé aussi vite. Maintenant, nous pouvons entrer dans une nouvelle phase de l’enquête », a-t-il dit, cité par l’agence ANP, en précisant que deux enquêteurs néerlandais allaient bientôt se rendre en Espagne.

La mère du petit garçon, Berthie Verstappen, a exprimé son soulagement sur la télévision publique néerlandaise NOS. « Nous ne nous attendions pas à ce que (l’arrestation) soit si rapide. Nous avions peur qu’il se cache tellement bien qu’on ne le retrouve pas avant des mois », a-t-elle déclaré.

« Nous aimerions avoir des réponses » même si « nous avons peur d’entendre ce qu’il s’est passé », a-t-elle ajouté.




– Recherche ADN de grande ampleur –

Au moment des faits, la police néerlandaise avait mené des recherches de grande envergure, suivies de très près dans le pays, mais sans succès.

Et c’est finalement la plus grande recherche d’ADN jamais effectuée aux Pays-Bas, menée en février dernier sur 21.500 hommes âgés de 18 à 75 ans, qui a permis par extension de mener au suspect, originaire de Simpelveld, une petite ville du sud des Pays-Bas, selon des médias néerlandais.

Entendu au début de l’enquête en tant que témoin, Jos Brech n’a pas participé à cette recherche d’ADN, ce qui a éveillé les soupçons des enquêteurs. Des suspicions encore renforcées lorsque sa famille a signalé sa disparition en avril après qu’il leur a annoncé qu’il partait pour une balade en montagne.

La police avait ensuite annoncé la semaine dernière être parvenue à établir une correspondance directe entre l’ADN de Jos Brech retrouvé dans un chalet qu’il possède dans les Vosges françaises et celui présent sur le corps de Nicky Verstappen.

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