Le partenariat UE-Maroc franchit un nouveau palier

En bouclant, vendredi à Bruxelles, leurs négociations en vue de la conclusion d’un nouvel accord de pêche durable et son protocole d’application, le Maroc et l’Union européenne franchissent un nouveau palier dans leur partenariat.





Après cinq rounds de négociations à Rabat et à Bruxelles, empreints d’un esprit constructif qui confirme l’attachement des deux parties au renforcement de leur partenariat dans les deux secteurs stratégiques que sont l’agriculture et la pêche, les deux parties ont marqué leur accord sur «les dispositions et améliorations apportées à ces textes afin d’en optimiser les retombées et les bénéfices pour les populations locales des zones concernées, dans le respect des principes de gestion durable des ressources halieutiques et d’équité», précise un communiqué conjoint publié à cette occasion.

À la Commission européenne à Bruxelles on se réjouit du fait que “les négociations se sont achevées aujourd’hui consacrant ainsi un partenariat qui fête cette année ses 30 ans d’existence et qui permettra au Maroc et à l’Union européenne de coopérer pour instaurer une pêche durable et mutuellement bénéfique”.

L’un de ses portes-paroles précise que “dès la semaine prochaine, les deux parties lanceront leurs procédures législatives respectives, afin de procéder à la ratification du nouvel accord dans les meilleurs délais”.

Cette importante échéance constitue un revers cinglant pour les adversaires du Maroc qui en contestent la teneur en s’appuyant sur une lecture biaisée des arrêts rendus par la Cour de justice de l’UE (CJUE) en 2016 et 2017.

L’aboutissement des négociations sera couronné par le paraphe de l’accord qui interviendrait, selon des sources diplomatiques européennes, dans les tout prochains jours, puis son approbation par la Collège des commissaires et par le Conseil de l’UE avant l’ultime étape de son adoption par le Parlement européen dans son actuelle législature, soit avant le 23 mai 2019, date des prochaines élections européennes.




L’aboutissement des négociations en vue du renouvellement de l’accord de pêche, arrivé à échéance le 14 juillet courant, vient ainsi consolider les acquis engrangés par la diplomatie marocaine pour aller de l’avant dans le partenariat entre le Maroc et l’UE. C’est aussi le résultat des efforts soutenus de l’action diplomatique officielle et parlementaire, portée par la vision clairvoyante de SM le Roi Mohammed VI de garantir pour l’ensemble du Royaume un développement intégré et inclusif.

L’intention de la partie européenne de renouveler l’accord n’aurait d’ailleurs pas été exprimée solennellement si ce dernier ne contribuait pas au développement de l’économie des régions du sud Royaume, un argumentaire que les ennemis de l’intégrité territoriale utilisaient de manière fallacieuse pour  perturber le processus de négociation.

La partie européenne s’était bien assurée du bénéfice des populations locales, notamment à travers de larges consultations de toutes les composantes du tissu local, associatif et professionnel et un audit qu’elle avait effectué sur les retombées de l’accord venu à expiration.

Dans son rapport, l’exécutif européen avait noté que la mise en œuvre de l’appui sectoriel de l’accord de pêche se fait à un rythme “très satisfaisant”, rappelant que les régions de Dakhla-Oued Eddahab et Laâyoune-Boujour-Sakia El Hamra concentrent 66% de l’enveloppe totale de l’appui sectoriel, soit environ 37 millions d’euros.

Selon ce document, les premières estimations des retombées socio-économiques de l’appui sectoriel font déjà apparaître la création de 180 emplois directs et l’amélioration des conditions de travail d’environ 59.000 personnes travaillant dans le secteur ou ses activités connexes, alors que 75% des impacts socio-économiques sont au bénéfice des régions de Dakhla-Oued Eddahab et de Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra.

L’accord de pêche est l’un des instruments importants du partenariat maroco-européen. D’autres accords commerciaux font partie de cette armature. Il s’agit de l’accord d’association et de l’accord agricole qui viennent d’être adoptés dans leur nouvelle mouture, le 16 juillet courant, par les chefs de la diplomatie européenne, réunis en Conseil à Bruxelles, de manière à y inclure expressément l’extension des préférences tarifaires au Sahara marocain et partant à conforter la base juridique de l’exportation vers l’UE des produits issus des provinces du sud avec des préférences commerciales tout en favorisant le développement de ces régions.

Adil Zaari Jabiri





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