Mawazine 2018: Déambulation dansée dans les rues de Rabat sous le charme mystique des Gnawas

Une très forte dose d’émotion, celle reçue, samedi, par le public du Festival Mawazine-Rythmes du monde, lors d’un show plénière dans les rues de Rabat, signé “Gnawa Art Lux”.





Les tambours faisaient résonner les rues de la capitale une dernière fois, lors de cette 17ème édition du festival. Les crotales diamantins s’entrechoquaient sans trêve dans l’absence d’un Hajhouj, remplacé, cette fois, par une clarinette, venue semer un zeste de fusion sur le spectacle.

Outre la clarinette, un autre intrus s’est faufilé à ce numéro, à savoir le Djembé, joué magistralement par le seul membre africain du groupe. Et il a été le bienvenu! En témoigne les applaudissements des spectateurs lors des solos offerts par ce jeune congolais.

Le show était au rendez-vous et le public a répondu présent. Les trottoirs étaient bondés d’une foule totalement conquise, voire possédée par un art qui ne cesse de charmer par sa dimension mystique et ses sonorités profondes.

L’assistance, ébahie, n’a pas caché sa stupéfaction quant aux costumes du groupe  car à la place des tenues multicolores constellées de cauris, le public a eu la grande surprise de découvrir des Gnawas en tenue purement citadine.

Sous un soleil estival, les “gandouras” ont cédé la place à des chemises blanches et des pantalons noirs, les calottes ont été remplacés par des bérets.

Les bretelles et les noeuds de papillons n’ont guère retenu l’énergie débridée des tambourinaires et autres membres du groupes qui se sont lancés dans une série de chorégraphies et d’acrobaties, réussissant leur pari à tenir en haleine une foule totalement en délire.




Selon, Issam Baououssi, fondateur du groupe, “ces nouvelles tenues ont été pensées pour sortir de l’ordinaire et essayer de redorer l’image des Gnawas, quelque peu ternie ces derniers temps dans les rues des grandes villes marocaines”, faisant référence, entre autres, au phénomène de mendicité.

Approché par LPJM, Mâllem Issam a expliqué que “c’est justement la raison pour laquelle il a choisi d’associer le nom de Gnawa à la notion du luxe”, baptisant son groupe “Gnawa Art Luxe”.

Le jeune Mâllem a été, depuis sa tendre enfance, l’adepte de nombre de grands maîtres de cet art ancestral comme Maâlem Zambar, Maâlem Abdul Qadir ou le célébrissime Hamid El Kasri.

Toujours accompagné de sa jeune troupe, il s’est produit dans les quatre coins du monde, parcourant notamment l’Asie, l’Europe et l’Amérique latine.

Avec leur ballade des gens heureux, le groupe Gnawa Art Luxe, clôturait aujourd’hui, une série de spectacles de rues de qualité qui ont investi les grandes artères de Rabat, tout au long du Festival Mawazine-Rythmes du monde.

Initié depuis 2001 par l’association Maroc Cultures, le Festival Mawazine-Rythmes du Monde a proposé cette année une programmation riche et variée avec un gotha de stars de la musique marocaine, africaine, orientale et occidentale.

Au fil des années, ce festival, organisé sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, est devenu un rendez-vous incontournable des amateurs et passionnés de musique au Maroc. Avec plus de 2 millions de festivaliers pour chacune de ses dernières éditions, il est considéré comme le deuxième plus grand événement culturel au monde.
Hakim ENNADI