Gaza: Israël frappe à nouveau le Hamas, informations contradictoires sur un cessez-le-feu

L’armée israélienne dit avoir frappé dans la nuit 25 nouvelles positions militaires du Hamas dans la bande de Gaza avant que les hostilités ne semblent s’espacer, sur fond d’informations contradictoires à propos d’un cessez-le-feu.

Un haut responsable du Hamas a confirmé mercredi matin des déclarations du Jihad islamique, autre mouvement palestinien, selon lesquelles une trêve avait été conclue, apparemment par l’entremise du voisin égyptien. Un ministre israélien a démenti.

Dans la bande de Gaza, les frappes israéliennes ont cessé au moins provisoirement. Du côté de l’Occupant, l’armée n’a plus rapporté d’alerte au projectile en provenance de Gaza depuis environ 5H00 (2H00 GMT) alors qu’elles se succédaient la veille à la même heure.

Israël avait indiqué avoir frappé avec son aviation et son artillerie des dizaines de positions du Hamas, qui dirige l’enclave, et du Jihad islamique, son allié et deuxième force du territoire.

Israël a livré trois guerres dans la bande de Gaza au Hamas, au Jihad islamique et aux autres groupes armés palestiniens.

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– Cessez-le-feu ou non –

Les branches armées du Hamas et du Jihad islamique ont revendiqué pour leur part les tirs de dizaines de projectiles contre Israël au cours de la journée de mardi, représailles selon elles à des attaques menées par Israël contre leurs positions, dont l’une avait tué trois membres du Jihad islamique dimanche.

Selon l’armée, ce sont « 70 roquettes et obus de mortier » qui ont été lancés vers les territoires occupés, dont bon nombre ont été interceptés par la défense anti-aérienne. Trois soldats avaient été blessés. Aucun blessé n’avait été rapporté côté palestinien dans les frappes israéliennes.

Malgré l’annonce entre-temps d’un accord de cessez-le-feu par le Jihad islamique, l’armée israélienne a annoncé avoir à nouveau frappé dans la nuit 25 objectifs militaires liés au Hamas, parmi lesquels des ateliers pour la fabrication de roquettes, des abris pour des drones ainsi que des « infrastructures militaires ».

Le Jihad islamique avait annoncé mardi soir qu’un accord de cessez-le-feu associant également le Hamas avait été conclu avec Israël par le truchement de l’Egypte, intermédiaire historique entre les deux camps.

L’Egypte, ancienne puissance dominante à Gaza, est l’un des deux seuls pays arabes à avoir des relations avec Israël.

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Khalil al-Hayya, l’adjoint du chef du Hamas à Gaza, a confirmé mercredi dans un communiqué la conclusion d’une trêve grâce à « un certain nombre de médiateurs ».

Yisrael Katz a démenti un tel accord sur la radio publique.

« Israël ne veut pas d’une détérioration de la situation mais celui qui a commencé avec la violence doit la faire cesser. Israël fera payer le prix (au Hamas) pour tous les tirs contre Israël », a-t-il dit.

– Conseil de sécurité –

L’escalade de mardi, après des semaines de violences le long de la frontière entre la Palestine occupée et Gaza, a fait resurgir le spectre d’un nouveau conflit dans l’enclave qui a connu trois guerres depuis 2008.

Israël et le Hamas et ses alliés observaient depuis 2014 un cessez-le-feu tendu, régulièrement remis en cause par des accès de tensions.

Ni Israël ni le Hamas, affaibli et isolé, ne passaient jusqu’alors pour avoir intérêt à une escalade. Mais diplomates et experts soulignent combien l’enfermement de Gaza soumise aux blocus israélien et égyptien, la crise économique qui y sévit et l’absence d’horizon politique rendent la situation volatile.

« Les dirigeants palestiniens doivent rendre des comptes pour ce qu’ils laissent faire à Gaza », a dénoncé l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley.

Pour sa part, le Koweït, membre non permanent du Conseil de sécurité, a fait circuler un projet de résolution qui « appelle à envisager des mesures pour garantir la sécurité et la protection de la population civile palestinienne ». Détail notable, ce texte modifié abandonne la demande d’envoi dans la bande de Gaza d’une « mission de protection internationale », faite initialement le 18 mai.

Cette demande faisait suite aux heurts sanglants ayant accompagné le long de la frontière une mobilisation palestinienne appelée la « grande marche du retour ». Au moins 121 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens depuis cette date, la majorité dans des violences le long de la barrière de sécurité israélienne.

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