L’entente entre juifs et musulmans, “une réalité historique et culturelle” qui fait la singularité et l’exemplarité du Maroc

L’entente entre juifs et musulmans constitue “une réalité historique et culturelle”, qui fait la singularité et l’exemplarité du Maroc à travers de longs siècles de l’histoire, ont souligné jeudi à Essaouira, les participants à une rencontre scientifique autour du thème “l’anthologie du droit hébraïque au Maroc”.

Dans un monde bouleversé et en proie à la violence, à l’incompréhension et à la fracture, le Maroc, sous la conduite éclairée et sage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, offre ce bel exemple de ”contact permanent” et de ”symbiose singulière” entre islam et judaïsme, et peut dans ce sens, servir de ”modèle à suivre”, ont ajouté les participants à cette rencontre, initiée conjointement par le Centre d’Etude et Recherche “Abraham Zagouri” sur le droit hébraïque marocain, et le Centre d’études et de recherches ”Haïm Zafrani” sur l’histoire des relations entre judaïsme et islam.

Tout en qualifiant de “réelle” et “palpable” cette symbiose qui existe entre les juifs et les musulmans au Maroc, ils ont relevé que le Royaume demeurera à jamais, un véritable havre de paix, de tolérance, de partage, de compréhension mutuelle et du vivre-ensemble.

Intervenant à cette occasion, M. Abdellah Ouzitane, président-fondateur du Centre Abraham Zagouri, a fait savoir que ce Centre est aujourd’hui une réalité, celle d’un patrimoine judéo-marocain ancré dans l’histoire. ”Une histoire 3 fois millénaires où, réside la force de cette réflexion qui s’articule autour de la place du droit hébraïque dans les juridictions marocaines, sa profondeur historique”, a-t-il dit.

Et de poursuivre que des siècles de coexistence religieuse, ne peuvent que légitimer cette responsabilité morale et cette prise de conscience, celle de la valorisation de la mémoire coutumière et institutionnelle du droit hébraïques au Maroc.

Pour cet universitaire, le Centre Abraham Zagouri offre une autre histoire, celle de la tolérance en terre d’islam, et met en lumière la capacité du Maroc d’affirmer et d’afficher son identité socio-culturelle partagée, celle d’un univers juif qui a vécu et qui vit encore dans un espace arabo-musulman, et ce malgré un contexte international extrêmement fragile, marqué par la régression, les fractures, et le déni de l’autre.

Sur le choix d’Essaouira, il a fait savoir qu’il n’est pas un hasard en ce sens, que la ville restera pour toujours ”cet espace de coexistence, de tolérance, de convergence et dialogue inter-religieux”, mettant en avant l’attachement de la cité des alizés à son identité plurielle.

De son côté, le président-exécutif du Centre Abraham Zagouri, le professeur Farid El Bacha, s’est félicité de la tenue de cette rencontre scientifique destinée à jeter la lumière sur le droit hébraïque marocain qui reçoit application au sein des juridictions marocaines, avec un focus sur ses différentes sources, ainsi que sur son évolution historique.

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“Cette rencontre est une étape nouvelle qui illustre clairement l’ouverture du Maroc sur les autres religions et cultures, en tant que terre de paix et de coexistence”, a-t-il dit, mettant en avant cette responsabilité commune de faire connaitre ce patrimoine juridique, et œuvrer en vue de le protéger, ainsi que d’une meilleure compréhension de sa portée et de ses objectifs.

Partant de la synthèse de plusieurs lectures faites des contributions scientifiques de plusieurs chercheurs en la matière, cet académicien a donné aussi un aperçu détaillé sur la singularité du processus de formation et de codification du droit hébraïque.

Par la suite, l’assistance a été conviée à suivre des exposés de Me Yocef Israël, président de la Chambre rabbinique au tribunal de 1ère instance de Casablanca, et du juge rabbinique, Gabriel Kessous sur l’application du droit hébraïque au Maroc, mettant l’accent sur leurs expériences respectives en tant que magistrats, ainsi que sur le fonctionnement de la chambre rabbinique au Maroc, une structure qui constitue une ”exception mondiale”.

Pour sa part, le professeur, Ahmed Driouech, professeur à l’université Mohammed V à Rabat, a mis en exergue la contribution de David Santillana à la codification du code marocain des obligations, tout s’attardant dans son analyse sur “la conciliation entre islam et droits européens”.

Hassan Rahmoune et Fatima Zohra El Hansali, respectivement notaires, ont livré, quant à eux, quelque réflexions sur la place du droit coutumier dans le statut personnel hébraïque.

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Rehaussée par la présence d’éminentes personnalités, dont M. André Azoulay, Conseiller de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, et président-fondateur de l’Association Essaouira-Mogador, cette rencontre scientifique est placée sous le signe ”Maroc, terre de paix, de concorde et de tolérance”.

Cette manifestation scientifique vient témoigner, en outre, de la richesse d’une identité historique et socio‐culturelle partagée depuis plus de deux millénaires, confortant encore une fois, la place d’Essaouira en tant que “produit de cette particularité et pluralité” où, musulmans et juifs forment une seule communauté de destin.