Le Maroc, un « partenaire privilégié » dans la lutte contre l’extrémisme

Le Maroc, qui a initié une réforme religieuse depuis 2003, s’impose en tant que «partenaire privilégié» dans la lutte contre l’extrémisme, souligne le réseau australien « Young Australians in International Affairs » (les Jeunes australiens dans les affaires internationales).

«A un moment ou les Etats à travers l’Afrique et l’Europe tentent de développer leurs programmes de lutte contre l’extrémisme violent, Rabat s’est positionné en tant que partenaire privilégié dans la lutte contre l’extrémisme », affirme le réseau australien, une structure engagée pour l’implication des jeunes australiens dans les affaires internationales et la politique étrangère.

Au cœur de la coopération internationale en matière de lutte contre l’extrémisme, se distingue le rôle croissant du Maroc comme référence dans la formation des imams et animateurs du champ religieux, relève le réseau dans un article signé James Baylis, ajoutant que le «Royaume a réalisé de remarquables progrès en matière d’institutionnalisation de la formation des imams et de l’encadrement du discours religieux ».

Au cœur de cette démarche, l’Institut Mohammed VI pour la formation des Imams Morchidines et Morchidates, qui accueille aussi des étudiants africains venant du Mali, de la Guinée Conakry, de la Côte-d’Ivoire, de Tunisie, de France, du Nigeria et du Tchad, écrit l’auteur, qui indique que l’Institut a pour mission d’assurer la formation d’une nouvelle génération de leaders religieux musulmans porteurs d’un islam modéré qui a pour référence le modèle marocain.

Contrairement aux interprétations radicales de l’Islam promues par des groupes extrémistes, tels Daech et Al-Qaïda, l’Islam marocain puise son origine dans le fiqh sunnite malékite; une doctrine que les autorités ont promue de façon particulièrement modérée et flexible, selon Baylis.

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Et de rappeler que l’Institut a assuré la formation de 712 imams et prédicateurs depuis son ouverture en 2015, alors que quelques 778 étudiants étrangers sont actuellement inscrits pour une formation à l’institut.

L’auteur souligne que l’engagement du Royaume à l’étranger vise à faire face à la menace que représente la prolifération des idéologies radicales auprès des communautés de migrants et des réfugiés, faisant savoir que Rabat est depuis longtemps une destination pour les migrants africains et un pays de transit pour ceux qui se rendent en Europe.

Avec des groupes extrémistes comme Al-Qaïda au Maghreb islamique, Boko Haram et Daech qui recrutent activement dans toute la région, le Maroc a cherché à contrer leur discours à travers la Fondation Mohammed VI des Ouléma africains, note l’auteur, ajoutant que la Fondation collabore avec les gouvernements de plus de 30 États africains, notamment en ce qui concerne la formation.

Alors que l’engagement de Rabat à travers l’Afrique ne cesse de croître depuis 2003, les déclarations du directeur du Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ), en octobre dernier, ont clairement montré les aspirations à promouvoir l’expérience marocaine dans l’UE, relève M. Baylis, citant Abdelhak Khiame, le directeur du BCIJ qui souligne que « la pratique de la religion doit être institutionnalisée dans tous les pays, c’est-à-dire qu’il doit y avoir des institutions qui s’intéressent au suivi du discours religieux dans les mosquées ».

Et de citer comme exemple la coopération entre le Maroc et l’Europe, particulièrement celle avec l’Italie. L’Italie, qui accueille la quatrième plus grande population musulmane d’Europe, donne un aperçu sur le type de partenariat auquel on peut s’attendre à l’avenir. En partenariat avec l’Université Al-Qarawiyyin à Fès, l’Université italienne de Sienne a introduit une filière pour la formation des Imams, une première en Europe, souligne l’auteur, précisant que des enseignants du Maroc vont dispenser un enseignement religieux, tandis que des cours de droit, des sciences sociales et d’économie seront assurés par des universitaires italiens.

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Il est à espérer que cette coopération puisse fournir l’opportunité de former des leaders religieux capables d’aider leurs communautés à réconcilier la religion avec leurs devoirs civiques, souligne l’auteur de l’article.

L’institutionnalisation d’un islam modéré en Europe est à ses débuts, mais en se revendiquant comme leader de l’islam modéré, le Maroc est prêt à jouer un rôle crucial pour façonner l’avenir de l’islam dans deux continents, conclu-t-il.