Monde: le spectre de sanctions plane à nouveau au-dessus du PSG

Les contrats passés par le club avec des parties liées, des sponsors proches des propriétaires qatariens, ont été « significativement surévalués » et pourraient lui coûter cher dans le cadre du fair-play financier (FPF) de l’UEFA, a annoncé le Financial Times mercredi.

Dire que le Paris SG, en quête de nouveaux revenus dans la perspective de ce fameux FPF, venait d’annoncer l’ouverture d’un bureau à Singapour pour « développer de nouveaux partenariats » en Asie…

C’est sans doute l’un des termes les plus récurrents dans l’actualité du PSG cette saison: le fair-play financier. Ce dispositif a été mis en place par l’UEFA au début des années 2010 pour contraindre les clubs engagés dans ses compétitions (Ligue des champions, Europa League) à ne pas dépenser plus qu’ils ne gagnent (même avec un propriétaire richissime), ni afficher un déficit supérieur à 30 millions d’euros cumulé sur trois exercices.

Or Paris a réalisé un mercato XXL l’été dernier et dépensé plus de 400 millions d’euros pour engager, notamment, le Brésilien Neymar contre 222 millions d’euros et le Français Kylian Mbappé pour 180 millions d’euros (dont 35 de bonus).

Il est donc visé depuis septembre par une « enquête formelle » par l’organisme chargé de faire respecter le FPF au sein de l’UEFA, l’instance de contrôle financier des clubs (ICFC).

Selon le Financial Times, ce dernier a mandaté le cabinet indépendant Octagon (spécialisé dans le marketing sportif) pour estimer les contrats passés par le club parisien avec des parties liées, c’est-à-dire des entreprises ou organismes proches de son actionnaire, l’Etat qatarien. Par exemple la société de télécommunications qatarienne Ooredoo, qui donne son nom au centre d’entraînement du PSG, ou la QNB (Qatar National Bank) qui s’affiche sur la manche du maillot parisien.

Et la publication économique cite deux connaisseurs du dossier selon qui ces contrats ont été « significativement surévalués », par rapport aux prix du marché.

Cela expose en toute logique le PSG à des sanctions de la part de l’UEFA, car le club de la capitale avait déjà été puni en 2014 à la suite d’un contrat passé avec l’office du tourisme du Qatar, que l’UEFA avait jugé surévalué.

Les sanctions (lourde amende, restriction de joueurs inscrits en Ligue des champions, etc.) ont été levées depuis. Mais si les informations du Financial Times se confirmaient, le PSG se trouverait en toute logique en état de récidive. Le barème des sanctions va du blâme aux amendes, voire jusqu’à l’exclusion des compétitions de l’UEFA, au pire.

Les médias sportifs avançaient précédemment que le club de la capitale devait trouver une cinquantaine de millions d’euros pour échapper à une sanction. Mais si la valeur des contrats existant venait à être revue à la baisse, l’ardoise devrait logiquement grimper pour le club parisien.

Celui-ci affiche ses efforts dans sa quête de nouveaux partenariats: mi-mars, il a annoncé avoir signé un accord « de plusieurs millions d’euros » avec Desports, « une des agences leaders du marketing sportif en Asie », pour « séduire de nombreux supporters et garantir plus de revenus sponsoring et commerciaux » en Chine.

Et mercredi, il a communiqué sur l’ouverture d’un bureau à Singapour « afin de renforcer sa présence en Asie ». « L’objectif du Paris SG est de renforcer la visibilité de sa marque, de développer de nouveaux partenariats et d’accompagner la croissance de sa base de fans en plein essor en Asie depuis quelques années », présente-t-il en promettant de s’exprimer prochainement « sur d’autres projets ambitieux ».

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Sera-ce suffisant pour échapper à une sanction de l’UEFA? Un porte-parole de l’instance a déclaré à l’AFP que « l’UEFA ne commente pas sur des enquêtes en cours ». Le PSG n’était pas joignable dans l’immédiat pour réagir mercredi soir.

Le club parisien a en tout cas rendez-vous le 20 avril en Suisse pour une réunion avec l’ICFC, comme cela a été régulièrement le cas cette saison dans le cadre de l’enquête formelle de l’UEFA.