Monde: Elections européennes de 2019, un scrutin aux multiples enjeux

Les élections européennes auront lieu en mai 2019 en vue de permettre à 500 millions de citoyens européens d’élire pour cinq ans leurs représentants au Parlement européen, dans un contexte marqué particulièrement par le Brexit et par la ferme volonté des eurodéputés de peser davantage dans le choix du président de la Commission européenne pour consacrer une Union  »plus démocratique et plus transparente ».

En amont de ce scrutin, le Parlement européen, réuni le 7 février dernier en plénière à Strasbourg, a dores et déjà tranché les questions relatives au nombre de sièges par pays, à l’élection du président de la Commission européenne et aux listes transnationales.

Le premier changement qui marquera ce scrutin avait été acté par les Britanniques en votant pour la sortie du Royaume uni du bloc européen lors du référendum de juin 2016.

Avec cette sortie programmée du Royaume Uni, les 73 eurodéputés britanniques vont quitter l’hémicycle. Ces sièges appelés à devenir vacants vont être redistribués entre les États membres dont la population a augmenté depuis les dernières élections européennes de 2014.

D’après les propositions des eurodéputés, au total 14 États membres vont gagner des sièges et le parlement ne comptera, à partir de 2019, date de sortie de la Grande Bretagne, que 705 eurodéputés au lieu de 751 actuellement.

Mais cette répartition doit encore être approuvée par le Conseil européen composé essentiellement des chefs d’État et de gouvernement de l’UE.

Lors de cette réunion, les eurodéputés se sont prononcés, par ailleurs, sur une question non moins cruciale aussi bien pour le Parlement que pour l’ensemble de l’Union.

Ils ont en effet réitéré leur appui au principe du « candidat en tête de liste », plus connu sous l’appellation allemande ‘’Spitzenkandidaten’’.

Ce processus, qui permet aux partis politiques européens de désigner chacun un candidat au poste de Président de la Commission avant les élections européennes, avait été utilisé pour la première fois en 2014, pour choisir l’actuel Président de la Commission, Jean-Claude Juncker.

Les eurodéputés ont affirmé en février dernier que le processus des « Spitzenkandidaten » est un principe qui ‘’ne peut être infirmé’’, menaçant même de rejeter tout candidat à la présidence de la Commission européenne qui n’est pas désigné comme « candidat en tête de liste » avant les élections européennes de 2019.

Ils ont estimé que la mise en œuvre de ce processus a été une ‘’réussite’’ lors des élections européennes de 2014, soulignant que les élections de 2019 seront l’occasion de ‘’consolider cette pratique’’.

« L’UE doit être plus démocratique et transparente, ou elle cessera simplement d’exister. Le fait que les citoyens connaissent les candidats à la présidence de la Commission européenne avant les élections est un pas important dans la bonne direction », avait déclaré le rapporteur du Parlement, Esteban González Pons.

En renouvelant leur soutien à ce principe, les eurodéputés entendent le défendre en tant qu’ ‘’une avancée démocratique’’ et souhaitent que cela contribue à la mobilisation des électeurs, pour des élections marquées par des records d’abstention dans les pays membres, en leur permettant de voter pour la tête de l’exécutif européen.

Les chefs d’État et de gouvernement de l’Union, qui, avant l’adoption de ce principe en 2014 choisissaient à huis clos le président de la Commission européenne sont désormais privés de cette possibilité.

Les observateurs estiment cependant que le Traité de Lisbonne ne les oblige pas à s’y plier, puisqu’il se contente de stipuler qu’ils désignent le président de la Commission ‘’en tenant compte du résultat des élections’’ européennes.

En perspective des élections européennes de 2019, le Parlement européen a d’autre part, rejeté l’idée d’instaurer des listes transnationales lors de ce scrutin, perçue comme une tentative de reprendre la main sur la désignation du président de l’exécutif européen.

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Les promoteurs de cette idée, âprement défendue par le président français Emmanuel Macron, espéraient mettre en place une circonscription européenne unique, qui serait venue s’ajouter aux listes par pays. Il s’agirait de réserver un certain nombre de sièges, pour lesquels la compétition serait ouverte à des listes transnationales, une circonscription ‘’européenne’’ soumise au vote de tous les citoyens européens. Les 27 des 73 sièges d’eurodéputés britanniques libérés par le Brexit reviendraient alors à ces listes transnationales, et seraient constituées d’Européens choisis au sein d’une circonscription unique, aux dimensions de l’Union.

Avec 368 voix contre et seulement 274 voix pour, le Parlement européen s’est donc opposé à ce que des députés européens soient élus sur des listes comportant des candidats de plusieurs pays différents, leur préférant des consultations citoyennes.

Le Parlement européen, institution qui assure, avec le Conseil de l’UE, le pouvoir législatif de l’Union, est le seul organe de l’Union directement élu par les citoyens.