Des universitaires saluent les efforts du Royaume en matière d’intégration des migrants

Le Maroc a franchi des pas importants en matière d’intégration des migrants subsahariens présents sur son sol.

C’est l’une des conclusions de la journée d’études portant sur la présentation des résultats de l’enquête menée au Royaume, auprès des femmes migrantes subsahariennes accompagnées d’enfants.

La rencontre, qui a eu lieu ce mercredi à Séville, a permis de présenter la synthèse de ce travail de terrain, élaboré conjointement par l’Université Abdelamalek Essaadi et celle de Séville.

A l’ouverture de cette rencontre, Maria Jose Sanchez, conseillère auprès du gouvernement andalou en charge de l’égalité et politiques sociales, a mis l’accent sur l’importance de ce projet pour “ mieux connaître ce collectif vulnérable.

Cette approche scientifique contribue aussi à ajuster les programmes politiques en leur faveur” a-t-elle estimé.

De son côté, Abdelkader Boutaleb, professeur à l’Université Abdelmalek Essaadi de Tétouan, a estimé que “cette enquête est le fruit d’un laborieux exercice mené par deux universités, marocaine et espagnole », ajoutant que cette étude marque le début d’une coopération scientifique entre le Maroc et l’Espagne en matière de migration. D’après l’enseignant universitaire marocain, cette recherche devrait être élargie et menée auprès du reste des pays maghrébins, spécialement l’Algérie et la Libye, où les migrants font face à des drames humanitaires sans précédent.

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Dans son intervention, Nessrine Boukhizou, professeure de droit public au siège tangérois de l’Université Abdelmalek Essaadi, a présenté à l’auditoire les aspects juridiques de la nouvelle politique migratoire au Maroc. Mme Boukhizou a passé en revue l’ensemble des conventions ratifiées par le gouvernement marocain, attestant son engagement en matière du droit des migrants et le droit d’asile. “Depuis 1952, le Maroc a signé une série de conventions internationales portant par exemple sur le statut des réfugiés, l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, en passant par la signature de la convention internationale sur la protection des droits des travailleurs et leur famille” a mis en exergue la chercheuse marocaine. Pour Mme Boukhizou, l’année 2013 marque un tournant en matière de protection et d’accueil des migrants, grâce à SM le Roi Mohammed VI, qui a donné Ses hautes instructions pour une meilleure intégration et protection des migrants.

Outre l’engagement royal en faveur des migrants, la professeure universitaire a affirmé que la Constitution marocaine de 2011, et plus précisément l’article 30, a consacré cet attachement à une intégration globale des migrants et ce, en accordant le droit de vote aux élections municipales, aux étrangers établis au Royaume. “Les orientations de SM le Roi Mohammed VI et la Constitution de 2011 insistent sur la mise en place d’une stratégie intégrée et humaniste à l’adresse des migrants”, a souligné l’universitaire marocaine. Ces nouvelles orientations ont permis d’adapter le cadre réglementaire national à cette nouvelle donne. A cet égard, elle a énuméré les lois promulguées au bénéfice de la population migrante, en l’occurrence la loi 27-14 sur la criminalisation de la traite des êtres humains ou le projet de loi 26-14, relatif à l’asile. Grâce à ces actions, ajoute la professeure, ce processus s’est soldé par la régularisation de la situation de 18.994 cas durant l’exercice 2014/2015. A ce chiffre s’ajoute l’octroi du statut de réfugiés à 275 personnes ayant bénéficié de la protection internationale. Dans son intervention, la professeure Zohra El Khamlichi, qui a participé à cette enquête, a considéré que le Maroc “est devenu un pays de migration stable”. Le Royaume, a-t-elle affirmé, a adopté depuis 2013 une politique plus ouverte et humaine à l’adresse des migrants, insistant sur la nécessité de surmonter certaines difficultés liées notamment à l’accès à l’enseignement ou l’état civil. Mme El Khamlichi a rappelé que depuis le processus de régularisation entrepris par les autorités marocaines, les migrants jouissant d’une situation régulière se sentent davantage intégrés dans la société marocaine. Elle a salué à cet égard le travail mené par la société civile marocaine, afin que ces nouveaux arrivants s’adaptent dans leur nouveau pays d’accueil et que la cohabitation avec la population locale se passe dans les meilleures conditions.