Tandrara: la ‘’khaïma’’ ou l’apport indéniable des femmes

Dans les hauts plateaux comme dans les autres régions où l’activité pastorale est dominante, la tente traditionnelle ou ’’khaïma’’ revêt une grande symbolique et une signification toute particulière… un habitat qui permet au bédouin de garder un mode de vie séculaire fait de simplicité et d’endurance, mais aussi de le protéger contre la chaleur extrême et le froid glacial.

Néanmoins, si la khaïma a pu résister aux aléas climatiques et aux phénomènes naturels (vent, pluie et neige), ses cordes et ses biquets, au contraire, ont montré une certaine faiblesse devant les grandes mutations qui secouent le mode de vie des bédouins et des nomades.

Conscientes de l’importance de ce lègue qui est le reflet d’un épisode d’une grande valeur de l’histoire du pays et de son patrimoine lié à la vie des nomades, notamment dans le Sahara et les zones Est et Sud-ouest, les femmes de Tandrara dans la province de Figuig, à l’instar de leurs consœurs dans d’autres régions du Royaume, allient leur savoir faire pour conserver ce symbole civilisationnel et ce patrimoine culturel qui leur est si cher.

’’Nous avons hérité ce métier de fabrication de la khaïma de nos mères et de nos grands-mères. Et maintenant nous avons la lourde responsabilité et le devoir de transmettre ce lègue, avec passion et détermination, à nos filles et à nos petites-filles’’, affirme Fatna Hida, présidente de la coopérative ‘’Femmes de Tandrara’’.

 

Créée en 2015, cette coopérative regroupe une vingtaine de femmes, des veuves âgées pour la plupart, qui travaillent avec abnégation et sérieux pour gagner leur autonomie et subvenir à leurs besoins, et partant montrer la capacité de la femme du monde rural, où la vie n’est pas si facile, à contribuer au développement.

 

Cette coopérative féminine est le fruit d’un partenariat entre l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), la représentation régionale du Haut commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification, l’Agence nationale de développement des zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA) à Bouarfa, l’Agence de développement social (ADS)l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC) et la Direction régionale de l’Agriculture, en sus de l’Association Chabab Al Massira (porteur du projet).

 

Elle fait partie d’un projet de création de quatre unités d’artisanat qui fabriquent des produits à base de la laine et de l’alfa et qui sont gérées par des coopératives relevant des communes de Bni Oukil, Maatarka, Aabou Lakhl et Tandrara.

 

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Dans une déclaration à la MAP, la présidente de la coopérative a révélé que la khaïma traditionnelle, qui nécessite plusieurs semaines de travail, est faite à base notamment de laine de moutons et de poils de chèvres, outre l’utilisation de produits naturels pour l’opération de teinture.

 

Pour les femmes de Tandrara, a-t-elle expliqué, le recours à ce métier à faible revenu est motivé par leur passion et leur désir de travailler dans un domaine qu’elles maîtrisent parfaitement depuis l’enfance, surtout que la khaïma est très ancrée dans l’histoire de cette région, connue par la pratique de l’élevage.

 

Elle a toutefois relevé que les efforts déployés par ces femmes et leur dévouement dans ce métier pour offrir un produit de qualité se heurtent au problème de la commercialisation qui demeure un défi majeur à relever face à une demande pour l’achat de la khaïma qui se fait de plus en plus rare.

 

Tout en gardant l’espoir d’un avenir meilleur, les femmes de Tandrara utilisent aussi la laine pour tisser et donner forme à d’autres produits, tels que les tapis ou les salons traditionnels.

 

Elles utilisent de même l’alfa, qui est une plante très abondante dans la région, pour fabriquer des produits utilitaires et décoratifs (paniers, vases et accessoires, tables, tables et tbag…), ainsi que la peau d’autruche pour faire des articles et objets traditionnels.

 

Le projet de création à Figuig de coopératives et d’unités de production et de commercialisation des produits artisanaux à base d’alfa et de la laine a pour objectifs d’améliorer le niveau de vie de la population locale, la rationalisation de l’utilisation des ressources naturelles et la mise en valeur des produits locaux et du savoir-faire de la femme rurale.

 

L’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) contribue à ce projet à travers l’acquisition des équipements et matériels utilisés dans les métiers de tissage et de couture, alors que la direction régionale des eaux et forêts et de la lutte contre la désertification a pris en charge l’achat de la matière première et d’autres équipements, en plus des frais de la formation et de participation aux foires et expositions.

 

La contribution efficace des différents partenaires à la concrétisation de ce projet prometteur qui est de nature à améliorer la situation socio-économique des femmes bénéficiaires, a été hautement saluée par la coordinatrice du projet, Moumna Dahmani.

 

De l’avis de Mme Dahmani, les hauts plateaux regorgent de diverses potentialités naturelles qui peuvent être exploitées pour la réalisation du développement durable et créer des opportunités d’emploi au profit de la population locale.

 

Les femmes de Tandrara qui sont actives dans le secteur de l’artisanat ne ménagent aucun effort pour diversifier la production et promouvoir la qualité des produits, mais il n’en demeure pas moins que le défi majeur qui reste à relever est bel et bien celui de la commercialisation.

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