Salwa Belkziz, ou l’art d’entreprendre

Ardente défenseure de la femme entrepreneure, qu’elle a à cœur de voir briser le plafond de verre, Salwa Karkri Belkziz est une femme aux multiples casquettes, qu’elle porte d’ailleurs très bien.

Cette partisane du High-Tech est en droit aujourd’hui d’être fière de sa success-story au sein du cercle très fermé du business au féminin. Un parcours par lequel elle a su concrétiser ses rêves et briller de mille feux dans le monde de l’entrepreneuriat.

Ce monde, Salwa Belkziz y avait accédé dès son jeune âge, et de plain-pied. « J’étais très jeune lorsque j’ai monté ma propre entreprise … avec très peu de moyens mais un marché porteur », dira-t-elle à la MAP.

Aujourd’hui à la tête de « Gfi Informatique Maroc », un géant de solutions informatiques à valeur ajoutée avec plus de 300 collaborateurs, Salwa est en tout cas douée pour l’art de l’entreprenariat, une carrière qu’elle fait avec talent, mais aussi avec militantisme.

En se remémorant les moments forts de sa carrière, Salwa parle de chance, un terme qu’elle conçoit pourtant de sa propre façon. « Je me suis forgée durant ma carrière d’entrepreneur une définition particulière de la chance. C’est une forme d’intelligence qui vous permet de saisir les opportunités qui se présentent et d’éviter les écueils qui peuvent vous renvoyer plusieurs années en arrière », confie-t-elle.

Membre du Conseil d’administration de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Mme Belkziz, qui avoue avoir connu au début de sa carrière de femme chef d’entreprise des difficultés classiques auxquelles tout entrepreneur peut se heurter, a toutefois saisi l’occasion pour lancer un appel vif aux jeunes et futures entrepreneures.

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« Surmontez vos craintes, vos phobies, vos complexes … saisissez les opportunités qui se présentent, mais allez aussi les chercher. Élargissez vos réseaux en étant actives dans les associations professionnelles, en participant aux manifestations internationales et en vous impliquant politiquement », livre-t-elle sur un ton clair.

Cette militante, en constatant la présence plutôt restreinte des femmes entrepreneures au sein des organisations professionnelles, décide en 2000 de créer l’Association des femmes chefs d’entreprises au Maroc, qu’elle a présidée pendant 6 années, et dont elle continue d’assurer la présidence d’honneur.

Poursuivant sur sa lancée, l’ancienne députée de l’USFP (Union socialiste des forces populaires) fait un retour dans le milieu associatif. Elle occupe actuellement le poste de présidente de l’APEBI (Fédération des Nouvelles technologies de l’Information, des Télécommunications et de l’Off-shoring), à la tête de laquelle elle vient de briguer un deuxième mandat.

Aux yeux de Salwa, l’Association est « devenue l’interlocuteur privilégié des autorités de tutelle, se positionne au centre de l’écosystème NTIC et contribue à la dynamique continentale de coopération sud-sud ».

Salwa a fait des TIC son domaine de formation, un pilier de sa carrière et ce, depuis 1987, année où elle a lancé « Professional Systems », une société d’informatique dédiée à l’accompagnement des PME.

Sur ce registre, Salwa, diplômée de l’université parisienne Jussieu Pierre-et-Marie-Curie, reste persuadée que la transformation digitale contribuera à l’amélioration de la place de la femme marocaine dans le business.

Et dans le paysage des TIC au Maroc, la chef d’entreprise voit le bon côté des choses. « 90% des Marocains sont branchés, c’est énorme », estime-t-elle. Mais, lorsque l’on parle des transactions digitales, elle fait état de seulement 6% des citoyens qui sont concernés. « Il faut ainsi miser sur le développement de l’efficacité de la digitalisation que le Maroc est en train de bâtir et aller de l’avant dans la sophistication de ces instruments de la confiance numérique, « indispensables à la réussite de notre digitalisation », insiste-t-elle.

Face à cette révolution digitale que connait le monde entier et qui a radicalement transformé toute l’activité économique, culturelle et sociale, la chevronnée des TIC privilégie la préparation des citoyens, des entrepreneurs et des administrations à tous ces bouleversements. Sa recette : « s’ouvrir sur de nouveaux horizons, former et préserver nos ressources humaines, qui sont d’ailleurs très sollicitées par les entreprises étrangères ».

Bref, Salwa Karkri Belkziz, la femme entrepreneure, mais aussi la bonne vivante qui adore voyager et explorer, a de quoi se targuer. 30 ans au service de l’entreprenariat et le digital. Une carrière que cette mère de trois enfants a su parfaitement monter.