Hirak: Poursuite du procès des activistes

De nouveaux militants du mouvement de contestation du Rif, dans le nord du Maroc, ont comparu mardi devant un tribunal de Casablanca, où l’un d’eux a été interrogé pour des propos sur les réseaux sociaux et ses présumées velléités séparatistes.

Alors qu’une quarantaine de prévenus a déjà comparu depuis le début de ce procès-fleuve, le juge a interrogé mardi Abdelali Houd, un militant de 29 ans.

Vivant dans une petite bourgade du Rif, il est accusé d’avoir participé à « un complot dans l’objectif de porter atteinte à la sécurité de l’Etat », d’avoir « participé à une manifestation non autorisée », et d' »outrage à des fonctionnaires ». Il encourt une peine allant de 5 à 20 ans de prison.

Sur un vidéo-projecteur, le président de la cour a projeté des photos diffusées sur la page Facebook de l’accusé où on le voit brandir le drapeau rouge et blanc de la République du Rif dans les années 1920.

« Ce drapeau est un symbole », s’est défendu le prévenu, qui a longuement fait l’éloge d’Abdelkrim el-Khattabi, vainqueur du colonisateur espagnol et fondateur de cette éphémère république.

« Utilisiez-vous Facebook pour inciter les gens à manifester? », a demandé ensuite le président de la cour. « C’est une page privée et un espace de débat », a lancé le prévenu, disant être « passionné par l’histoire du Rif ».

« Je suis poursuivi pour mes opinions (…) ceci est un procès politique », a-t-il dénoncé.

Avant Abdelali Houd, des dizaines d’autres accusés ont été interrogés ces derniers mois par la cour de Casablanca, principalement sur des publications Facebook montrant notamment leurs présumées velléités séparatistes.

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Certains se sont vus reprocher aussi des « financements de l’étranger », correspondant à des sommes d’argent souvent dérisoires. Les transferts d’argent des Marocains de la diaspora font vivre une bonne partie des Rifains.