M. Samadi: Le système éducatif au Maroc souffre

Le système éducatif au Maroc souffre d’un problème de gestion des ressources matérielles et humaines et non d’insuffisance des ressources financières allouées à ce secteur, a affirmé vendredi, à Marrakech, le secrétaire d’Etat chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Khalid Samadi.

Intervenant à la cérémonie d’ouverture de la 2è Rencontre scientifique sous le thème « la gouvernance de l’enseignement supérieur », organisée par le Secrétariat d’Etat chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique durant deux jours, M. Samadi a relevé le besoin d’une vision claire concernant l’instauration d’une gouvernance dans le secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.

Le responsable marocain a en outre, estimé que la restructuration du secteur constitue le prélude à la réforme qui est « extérieure » d’abord et qui se rapporte à la carte de l’enseignement supérieur au niveau national et ensuite « intérieure » relative à la restructuration des universités afin de réaliser la gouvernance escomptée et la corrélation entre responsabilité et reddition des comptes.

Par ailleurs, M. Samadi a indiqué que le secrétariat d’Etat a mis en place un plan pour l’organisation de plusieurs rencontres afin de réfléchir à des sujets précis qui constituent la priorité pour ce secteur en ce qui concerne la promotion du système d’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.

Dans ce cadre, il a fait savoir que ces rencontres ont été lancées par un premier atelier organisé à l’Université Al Akhawayne en janvier dernier consacré aux établissements d’attractivité ouverte, et qui sera suivi par quatre ateliers.
Le premier sur la question de la recherche scientifique sera organisé à l’université Sidi Mohammed Ben Abdellah à Fès, alors que l’université Ibn Tofail abritera un deuxième atelier consacré à l’enseignement à distance et l’enseignement virtuel et la gestion du secteur à travers les systèmes d’information.

Le troisième atelier traitera de la question du partenariat et de la coopération (université Ibn Zohr d’Agadir) tandis que le dernier atelier sera consacré à la question de l’évaluation et de la qualité (Université Abdelmalek Saâdi), a-t-il précisé.
M. Samadi a indiqué que le Secrétariat d’Etat vise, à travers l’organisation de ces ateliers, à réfléchir à ces six questions, qui sont considérées comme le prélude à la réforme du système d’éducation et d’enseignement en général et l’enseignement supérieur et la recherche scientifique en particulier, ajoutant que les données récoltées dans ces rencontres seront exploitées dans la révision de la loi-cadre 00-01 qui prendra en considération les récents développements que connait le secteur.

Le président de la Conférence des présidents des universités, Azeddine El Midaoui, a pour sa part, relevé que cette rencontre revêt une grande importance étant donné que la question de la gouvernance est considérée comme un important mécanisme pour faire aboutir la politique du ministère de tutelle dans la promotion du secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, soulignant que les participants espèrent sortir avec des recommandations et propositions pratiques de nature à contribuer à la restructuration des universités marocaines et renforcer sa gouvernance.

Le président de l’université Hassan 1er de Settat, Ahmed Nejmeddine, a de son côté, estimé que la gouvernance est une question centrale pour la promotion du système d’enseignement supérieur à travers l’instauration de nouvelles règles pour l’efficience et la transparence dans la gestion et la participation dans la prise de décision.

Après avoir attiré l’attention sur les dysfonctionnements que connaissent les universités marocaines, M. Nejmeddine a insisté sur la nécessité d’adopter une gouvernance visant à remédier à ces dysfonctionnements et à renforcer l’ouverture de l’université marocaine sur son environnement.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des orientations, de la vision stratégique de la réforme 2015-2030 et du Programme gouvernemental, relatives à la gouvernance du système d’éducation et de formation et en application de son plan d’action pour la période 2017-2021.

Elle vise à débattre des différents aspects liés à cette thématique et à développer des propositions concrètes de nature à promouvoir la gouvernance et à en faire un mécanisme efficace pour améliorer la qualité de l’enseignement supérieur, renforcer la transparence et permettre à l’université d’accomplir sa mission en toute autonomie et responsabilité.

Le programme de cette rencontre, qui connait la participation des présidents des universités nationales, des directeurs centraux, des experts et des représentants des départements ministériels concernés, comprend 5 ateliers de travail qui seront dédiés à la discussion de plusieurs axes.
Ces ateliers abordent les thématiques se rapportant au « système d’enseignement supérieur dans la perspective de la régionalisation avancée », « l’organisation nationale, régionale et locale du système d’enseignement supérieur », « l’efficacité dans la gestion administrative et financière », « la gouvernance des ressources humaines » et « les moyens pratiques pour la mise en œuvre des recommandations formulées ».

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