Voici ce qu’a dit l’intellectuel algérien, Kamel Daoud, au sujet du Maroc

Le journaliste et écrivain algérien Kamel Daoud a publié ce mardi 20 février une chronique intitulée «Je suis Marocain».

Un message de fraternité lucide et émouvant, que nous avons jugé utile de partager avec nos lecteurs. Morceaux choisis.

Kamel Daoud est (aussi) Marocain et il le fait savoir. Dans une chronique publiée ce mardi 20 février dans les colonnes du Quotidien d’Oran, le journaliste et écrivain algérien délivre un message hautement fraternel. Il le scande haut et fort: «Oui, je suis Marocain».

S’il l’écrit, et dans un style qui respire une conviction profonde, c’est qu’il désire rappeler que le lien entre le Maroc et l’Algérie est une histoire de sang et de proximité partagée. «Oui, je suis Marocain. Est-ce être un traître? Etre un agent du Makhzen? Un harki de l’horizontalité maghrébine? Un contrebandier? Un haineux de soi? Non», entame-t-il son texte. Comme pour rappeler aux esprits anti-marocains que «l’ennemi c’est le désastre écologique, la soumission, la faiblesse des souverainetés, l’impuissance et la pauvreté, le délire sur la vérité qui tue et n’éclaire pas, les ruptures et le ricanement. C’est cela l’ennemi. Pas le Maroc, pas l’Algérie».

Kamel Daoud précise que le fait de «lire des articles agressifs et diffamatoires, presque tous les jours que Dieu fait, sur le Maroc, est devenu une habitude triste et dangereuse. Elle a donné naissance à une génération qui confond un différend politique avec la figure d’un ennemi stratégique».

La chronique de Kamel Daoud est bienveillante. C’est un message transmis  à la génération actuelle de Marocains et d’Algériens, un appel à ne pas perpétuer les erreurs des anciens. «Je réponds aux plus jeunes que nous devons avoir les qualités de nos aînés au Maghreb mais ne pas refaire leurs erreurs, ne pas perpétuer leurs rancunes et méfiances».  Ici, l’auteur de Zabor ou lespsaumes fait allusion, entre autres, à la question de la fermeture des frontières.

Il écrit: «la frontière est fermée depuis presque trente ans et on vous pose à chaque fois la question quand vous êtes dans ce pays: « qu’en pensez-vous »? Je pense que c’est une tragédie, un affect, une blessure et un surréalisme».

En marge de sa présence au Salon international de l’édition et du livre de Casablanca, le360 l’avait interrogé en effet sur le sujet, à savoir la fermeture des frontières entre le Maroc et l’Algérie. Il nous avait répondu que « ce dossier est surchargé d’affects ».

En écrivant et en partageant ses positions courageuses, Kamel Daoud sait qu’il aura droit à certaines remontrances et l’accepte. «Si j’ai écrit ce titre, c’est pour espérer lire les réactions: grimaces, haussements d’épaules, soupçons… et les lire-, les voir venir à la surface, les guérir. Les accepter pour les dépasser».