Le Maroc arrête des narcotrafiquants espagnols dans les eaux de Tanger

Le coup de filet intervient alors que le gouvernement espagnol vient de déclarer la guerre aux narcotrafiquants dans les eaux du sud du pays.

Une unité de la Marine royale a procédé dimanche à l’arrestation de deux présumés narcotrafiquants espagnols, âgés de 59 et 32 ans, et leur complice marocain en haute mer au large de Tanger, rapporte lundi l’agence Efe, citant des sources policières du port de la ville du détroit.

Les trois mis en cause ont été interceptés peu après minuit, à quelques milles de la côte, à bord d’un petit bateau à moteur hors-bord, avant d’être remis à la Gendarmerie royale. Quelques heures avant, la même unité de la Marine royale a trouvé plusieurs ballots de haschisch à la dérive dans la même zone.

Une enquête a été ouverte afin de savoir les raisons de la présence des trois hommes en mer ainsi que leurs liens avec le chargement intercepté. En attendant, ils sont détenus pour avoir navigué illégalement dans la zone. En effet, «il est interdit de naviguer pendant la nuit dans cette zone», explique la source policière, ajoutant que le lieu de leur arrestation est connu pour être un point de sortie du trafic de haschich, ainsi que de bateaux de migrants.

Le coup de filet de Marine royale survient alors que le Madrid a déclaré la guerre aux narcotrafiquants. Le ministre espagnol de l’Intérieur Juan Ignacio Zoido a, en effet, promis lundi le déploiement de renforts policiers dans la région de Cadix (sud), assurant que cette région « ne sera pas dominée par les narcotrafiquants », qui ont récemment défié ouvertement les forces de l’ordre, rapporte l’agence AFP.

« Cette zone ne sera pas dominée par les narcotrafiquants. C’est une zone où l’Etat de droit règne et où tout type de délinquance sera combattu, en particulier cette délinquance à grande échelle qui est celle des narcotrafiquants », a déclaré Zoido à la presse lors d’une visite dans la municipalité de la Linea, un des hauts lieux du trafic de drogue de la région.

Le maire de La Linea, Juan Franco, dénonce régulièrement la situation en termes de sécurité de cette ville de 65.000 habitants située à quelques kilomètres de l’enclave britannique de Gibraltar, où débarquent régulièrement des trafiquants en provenance du Maroc.

Les trafiquants de cannabis, cocaïne ou d’autres produits de contrebande y opèrent presque ouvertement et n’hésitent pas à s’en prendre à la police, qui se dit sous-équipée. Début février, une vingtaine de personnes avaient fait irruption dans un hôpital de la ville, « libérant » un trafiquant de drogue présumé gardé par deux policiers débordés, qui n’ont pu résister.

Le ministre a souligné «l’importance des dispositifs (policiers) qui vont être déployés», tout en refusant de donner plus de détails pour ne pas donner d’«avantage» aux trafiquants.

Dimanche, la police avait annoncé la saisie de quatre tonnes de haschich dans la région du Champ de Gibraltar, aux abords de l’enclave britannique. 16 personnes ont été arrêtées dans ce cadre, a précisé le ministre.

Selon le ministère de l’Intérieur, 40% de la drogue entrant en Espagne arrive par la province de Cadix.