Accord de pêche Maroc-UE: les Européens veulent mettre fin au «harcèlement juridique»

Plusieurs voix européennes s’élèvent pour dénoncer le «harcèlement juridique» dirigé contre les accords entre l’UE et d’autres pays, notamment celui visant l’accord de pêche avec le Maroc.

Les voix de la raison se manifestent pour dénoncer les conclusions du Procureur près la Cour de justice de l’Union européenne quant à l’accord de pêche avec le Maroc, sachant que cette Cour doit se prononcer le 27 de ce mois.

Dans son édition de ce lundi 19 février, Al Ahdath Al Maghribiya, qui s’appuie sur l’avis des professionnels, experts et hommes de loi européens, affirme ainsi que la dérive dudit procureur risque de mettre en péril les intérêts et de l’UE et du Maroc. Les experts européens appellent d’ailleurs à protéger des lectures politiciennes étriquées les engagements de l’Union européenne auprès de ses partenaires.

Plus concrètement, souligne Al Ahdath, l’une des réponses hautement symboliques est venue des professionnels européens et marocains, samedi dernier, lors d’un conclave qu’ils ont tenu dans la ville de Dakhla.

Lors de cette réunion, à laquelle ont assisté des représentants espagnols, français, néerlandais, allemands, polonais et lituaniens, il a été décidé de la création du Comité mixte maroco-européen des professionnels de la pêche maritime. Un communiqué de ce nouveau comité souligne les effets néfastes de toute éventuelle décision négative de la Cour européenne.

Les professionnels de la pêche des deux bords ont d’ailleurs effectué des visites de terrain, à Dakhla, pour constater que le secteur de la pêche contribuait largement à l’essor de la région et à un développement socio-économique bénéficiant d’abord aux populations du Sahara marocain.

Autre initiative hautement symbolique: la deuxième visite de terrain menée sur place par le Comité maroco-espagnol des professionnels de la pêche.

Mohamed Lamine Hormatollah, de la CGEM, a déclaré, en marge de cette visite, que cette dernière visait à défendre les intérêts des uns et des autres, en attendant le verdict de la Cour de justice européenne.

Al Ahdath, qui cite un rapport commandité par l’UE, affirme que 75% des répercussions socio-économiques de l’accord de pêche bénéficient aux populations des deux régions de Dakhla-Oued Eddahab et Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra.

La publication cite enfin les contributions, dans des journaux et médias européens, d’experts, d’élus et d’hommes de loi qui ont attiré l’attention sur les graves répercussions que pourrait avoir le «harcèlement juridique» visant les accords de l’UE. Un «jeu» qui pourrait, à terme, plonger cette entité dans un «cercle infernal» et des «contradictions difficiles à résoudre».