Les approximations d’une « historienne » espagnole sur les évènements du Rif

Dans une interview à l’agence de presse espagnole «EFE», une historienne, présentée comme une «spécialiste du Rif», livre une analyse très approximative du comportement «non démocratique» dont auraient fait preuve les autorités.

Rosa de Madariaga, spécialiste autoproclamée du Rif marocain.

Dans le lot des «illuminations» dont nous gratifient les preux chevaliers de la démocratie bon teint, il y en a quelques-unes auxquelles l’on ne peut rester insensibles.

Les «illuminations» auxquelles on a eu droit cette fois nous viennent d’une certaine Rosa de Madariaga, présentée par l’agence «EFE» comme «historienne» spécialiste du Rif. Dans une interview, accordée en marge du 24e Salon international de l’édition et du livre de Casablanca, l’invitée s’est émue du sort des mis en cause dans les événements survenus courant 2017 à Al Hoceima et région, en laissant éclater sa bille sur les autorités marocaines que «l’historienne», transformée en «justicière», a accusées de tous les maux.

Le traitement réservé par les autorités aux soubresauts survenus dans le nord du Maroc est jugé (paf) « antidémocratique » et le système marocain (re-paf) « autocratique »!

Vu sous ce prisme déformant, la spécialiste du Rif pèche par manque de discernement et absence de tout sens de la nuance et de la mesure, qui sont le propre de tout historien qui établit les faits en les contextualisant, se fie à l’exigence de la vérité et garde une objectivité sans prendre parti.

Mais passons, car l’invitée espagnole du SIEL (elle y est venue présenter son récent livre « Histoire du Maroc »), laisse de côté toutes ces exigences qu’un historien doit naturellement faire siennes pour livrer un véritable procès en intentions (lèse-démocratie!) envers et contre le Maroc.

Selon l’historienne, les autorités marocaines auraient dû laisser se dégrader la situation dans le Rif à la faveur d’une poignée d’illuminés chantres de «l’indépendance» de cette région chère au Royaume!

Or, une question surgit: elle était où cette historienne quand les autorités espagnoles sont intervenues courant 2017 en Catalogne pour réprimer, dans les larmes, y compris des vieux et des enfants, les velléités indépendantistes de cette région espagnole autonome? Pourquoi ne s’est-elle pas émue du sort des bastonnés des événements de Barcelone, avec leur cortège de blessés et de répercussions sur le «modèle démocratique» de l’Espagne d’aujourd’hui?

Une perception à géométrie variable de la démocratie qui fait que cette valeur est respectée en Europe occidentale quand il s’agit de faire respecter l’Etat de droit, fut-ce par l’usage de la force; et elle est sujette à suspicion dans les pays de la rive sud de Méditerranée alors même que les prérogatives de l’Etat de droit sont exactement exercées de la même façon, et souvent avec un recours plus modéré à l’usage de la force qu’il ne l’est en Europe.

Même si l’historienne reconnaît du bout des lèvres que des efforts ont été accomplis par Mohammed VI pour désenclaver et développer le Rif, rompant avec Hassan II qui « a soumis la région à l’abandon total », elle ne peut se soustraire à son préjugé consistant à enraciner la marginalisation du Rif et ne souffler aucun mot sur les différents programmes de développement et les infrastructures impressionnantes. Triste.

À voir:
(Vidéo – bande annonce) « Morocco: Love in Times of War » La nouvelle série espagnole sur la guerre du Rif