La police marocaine bientôt équipée de caméras-piétons

Comme annoncé dans son bilan de l’année 2017, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a doté ses équipes de 5.000 caméras-piétons. Un dispositif qui vise aussi bien à « protéger l’agent » qu’à « maintenir la transparence » de ses interventions.

De la taille d’un téléphone, cette caméra se clipse sur le gilet ou le ceinturon du policier. Elle se déclenche automatiquement ou manuellement lors d’un contrôle d’identité, ou de toute opération sensible.

« L’objectif est de protéger l’agent de police en service qui peut être confronté à des actes d’incivilité ou des comportements agressifs. Il est aussi question de maintenir la transparence durant ses interventions auprès du citoyen », développe la DGSN.

Dès le début de l’année 2018, l’institution dirigée par Abdellatif Hammouchi a décidé d’équiper 5.000 de ses éléments de ces petits enregistreurs audio et vidéo. Il s’agit de généraliser une innovation déjà testée depuis 2015 par la préfecture de Rabat, ainsi qu’à Casablanca et Marrakech.

Une fois filmées, les images seront transférées vers un système centralisé. Des « opérateurs formés à cette tâche » procéderont alors à leur « traitement, au contrôle et à la consultation de chaque séquence »« Elles seront conservées suffisamment pour les besoins de la DGSN », précise la police.

Dans les pays où ce système a été mis en place, c’est justement cette question de l’utilisation des vidéos qui a inquiété les législateurs. En France, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a considéré, dans un avis remis le 3 janvier 2017« qu’au regard des risques élevés de surveillance des personnes et d’atteinte à la vie privée qui pourraient résulter de l’usage de caméras-piétons, ces dispositifs devaient faire l’objet d’un encadrement législatif spécifique ».

Dans d’autres nations, comme la Grande-Bretagne ou les États-Unis, « les résultats ont été positifs », préfère mettre en avant la DGSN.