Le choix des noms Amazigh crée des tensions

Les services de l’État civil, sont accusés de refuser d’enregistrer certains noms amazigh pour cause de «non authenticité». Les associations et les familles amazigh crient à la discrimination et saisissent le chef du gouvernement.

Le refus d’enregistrement de certains noms amazigh choisis par les familles crée des tensions entre ces mêmes familles et les officiers et agents de l’État civil, dont les services relèvent de la tutelle du ministère de l’Intérieur.

Akhbar Al Yaoum, nous explique que les plus récentes tensions en la matière ont été causées par une nouvelle circulaire du ministère de l’Intérieur. Cette dernière oblige désormais les familles à «prouver que le nom avec lequel elles comptent baptiser leur nouveau-né est un nom amazigh authentique», ajoute le quotidien. Pour cette authentification, elles doivent s’adresser à la Direction des collectivités locales dudit ministère.

La Fédération nationale des associations amazigh adresse une correspondance au chef du gouvernement, Saâd-Eddine El Othmani, pour lui demander de retirer la nouvelle condition imposée aux familles amazigh, condition considérée comme «discriminatoire», car «difficile à réaliser par les pères de famille».

Dans sa lettre au chef du gouvernement, la Fédération amazigh illustre sa requête par deux cas concrets. A Sidi Moumen-Bernoussi, le 13 janvier dernier, premier jour de Yennayer, une famille amazigh s’est ainsi vu refuser le droit d’enregistrer son bébé sous l’appellation «Amenay». Un rejet qui a créé des remous tels que le ministère de l’Intérieur a sorti un communiqué dans lequel la Direction des collectivités locales nie tout refus d’enregistrer le nouveau-né, mais reconnaît avoir exigé de la famille de prouver qu’«Amenay» est un nom authentiquement amazigh.

Le second cas a eu lieu à Erfoud, où le couple Zahra Inaâm et Ahmed Inaâm avait choisi le nom d’«Aryuss», nom refusé par les services de l’état civil qui ont exigé une authentification signée par les services compétents du ministère de l’Intérieur. Et d’ajouter, que depuis la constitutionnalisation de la langue amazigh en 2011, quelque 50 cas de refus de noms amazigh ont été recensés.

La Fédération amazigh rappelle au chef du gouvernement la nécessité de respecter les conventions internationales sur la lutte contre toutes formes de discrimination raciale ratifiées par le Maroc, mais surtout la circulaire du ministère de l’Intérieur n° 3220, en date du 9 avril 2010, qui reconnaît aux familles amazigh le droit de donner à leurs enfants le nom de leur choix.