La richesse mondiale a presque doublé en vingt ans

Le dernier rapport de la Banque mondiale sur la richesse des nations montre qu’elle a progressé de 66 % entre 1995 et 2014. L’Afrique subsaharienne reste en retrait.

Le monde est-il plus riche ? La  Banque mondiale , dans son dernier opus sur la richesse des nations, répond par l’affirmative. Pour étayer ce constat, l’institution multilatérale ne se base pas seulement sur une mesure de la variation du  Produit Intérieur Brut (PIB) des 141 pays étudiés. La richesse d’un pays prend en compte, outre sa production de capital (machines, bâtiments, équipements…), son capital humain (degré de formation de la population active…), son capital naturel (forêts, mines, terres arables…) et ses actifs nets à l’étranger. Selon les calculs de la banque, la richesse de ces pays est passée de 690.000 milliards de dollars à 1.143.000 milliards de dollars (dollars constants de 2014 aux prix du marché) entre 1995 et 2014, soit 66 % de hausse.

L’Asie a le vent en poupe

En l’espace de deux décennies, plus d’une vingtaine de pays à faible revenu, dont la richesse se composait essentiellement de leur capital naturel en 1995, sont devenus des pays à revenu intermédiaire. Ils y sont parvenus en investissant les recettes issues du capital naturel dans des secteurs tels que les infrastructures, mais aussi dans l’éducation et la santé. Des secteurs qui accroissent la richesse du capital humain. Ce résultat flatteur doit beaucoup au  formidable développement de l’Asie , la Chine et l’Inde en particulier, où l’accroissement de la richesse a dépassé les 100 % sur ces deux décennies.

L’Afrique subsaharienne en retrait

Revers de la médaille, la Banque constate parallèlement que la richesse par habitant n’a progressé que de 31 % sur la même période. Dans plusieurs grands pays à faible revenu, ainsi que dans certains pays du Moyen-Orient riches en hydrocarbures et quelques pays riches de l’OCDE touchés par la crise financière de 2008, cette richesse par habitant a même baissé. C’est particulièrement flagrant dans les pays d’Afrique subsaharienne où la  croissance démographique rapide a dépassé la croissance de l’investissement.

Pour la Banque, le « dividende démographique » ne peut uniquement être engrangé qu’à travers une hausse rapide de l’investissement dans les infrastructures et l’éducation ainsi que par une gestion durable des actifs naturels. « S’ils renforcent et valorisent leur capital humain et leur capital naturel, tous les pays pourront s’enrichir et progresser, a commenté Jim Yong Kim, président de la Banque mondiale. Il ne peut y avoir de développement soutenu et solide si l’on ne considère pas le capital humain comme la composante principale de la richesse des nations ».