Contre toute attente, le crédit bancaire a fini l’année 2017 sur une note plutôt décevante. Alors que le mois de décembre tire souvent vers le haut les indicateurs d’octroi des crédits, c’est le contraire qui s’est produit l’année dernière, avec une évolution mensuelle de 1% par rapport à novembre de la même année, selon les derniers chiffres publiés par Bank Al Maghrib (BAM). Un coup de frein qui a ramené la croissance du crédit bancaire sur toute l’année 2017 à seulement 2,9% pour un encours de 842,077 milliards de DH, alors qu’elle était sur un rythme plutôt honorable les mois précédents, comme en novembre où le crédit avait progressé de 4,8% sur un an.
Le crédit bancaire retombe ainsi à une cadence proche de celle de 2015 (2,7%) et loin derrière le rythme observé en 2016 (4,2%), en dépit de taux débiteurs plus accessibles que par le passé.

Cette décélération est due notamment à une baisse de régime des crédits à la consommation qui ont reculé de 0,2% sur un rythme mensuel, ramenant l’évolution annuelle à 4,3, avec un encours de 50,85 milliards.
Les crédits immobiliers ont également baissé en décembre dernier (-0,1%), pour se retrouver avec une croissance annuelle de 4,2% à 257,218 milliards. Ce ralentissement est attribué notamment aux crédits à l’habitat qui n’ont progressé que de 3,6% en 2017, avec un encours de 195,447 milliards, au moment où les crédits aux promoteurs immobiliers ont crû de 8,7% à 60,359 milliards.
À noter également un ralentissement en décembre des comptes débiteurs et crédits de trésorerie qui ont fini l’année avec un repli de 3,2% à 167,193 milliards.

Même les crédits à l’équipement ne sont pas restés sur leur lancée en décembre (-0,3% d’un moins à l’autre), bouclant, toutefois, 2017 sur une croissance à deux chiffres : 11,4% à 170,336 milliards.
À noter, toutefois, que les crédits à l’équipement ont profité plus au secteur public qu’au privé. Les prêts consentis aux sociétés non financières publiques ont, en effet, progressé de 28,6% en 2017, à 41,5 milliards et ceux octroyés aux administrations locales de 14,7% à 17,298 milliards. Les crédits à l’équipement pour les sociétés non financières privées ont, quant à eux, progressé de seulement 6% à 97,072 milliards.
Globalement, les crédits bancaires accordés au secteur public se sont améliorés de 4,8% à 65,137 milliards, alors que ceux octroyés au secteur privé ont augmenté de 3,6% à 655,768 milliards.
Les chiffres de la Banque centrale révèlent une bonne nouvelle pour les banques : une tendance au ralentissement des créances en souffrance. Celles-ci se sont accrues de 3,7% en 2017 à 63,597 milliards, contre 7,1% à fin 2016.