#ana_m3ak: la campagne qui nous pousse à agir contre le suicide des jeunes

« Nous avons tous le SUPER POUVOIR d’aider », c’est le nouveau slogan de la campagne de sensibilisation #ana_m3ak, présenté le 30 janvier à Casablanca par l’association Sourire de Reda à l’occasion de la journée nationale de prévention du suicide des jeunes le 5 février.

Et si nous étions tous des super-héros pour aider les jeunes en détresse ? L’association Sourire de Reda fondée en 2009 en est convaincue, la réponse est « oui », comme l’ont démontré, tout au long de la conférence de presse, Meryeme Bouzidi Laraki, sa présidente aux côtés de sa directrice, Véronique Fema. Ces deux femmes étaient réunies à Casablanca pour présenter la nouvelle campagne de sensibilisation #ana_m3ak réalisée à l’occasion de la journée nationale de prévention du suicide des jeunes le 5 février. Une campagne conçue par Mosaïk Communication avec le soutien de la société de production Sigma, dans laquelle on y voit une main qui en serre une autre accompagnée d’un slogan : « Nous avons tous le SUPER POUVOIR d’aider ». « Parce qu’il suffit d’un simple geste pour redonner confiance à un jeune qui avait perdu espoir, d’un mot pour qu’il retrouve le sourire. Parce qu’une oreille attentive et bienveillante peut sauver une vie », explique l’association. Et ce geste peut être donné par tous, que ce soit un membre de la famille, un ami, un voisin, un professeur, ou l’épicier du coin. Tout le monde a le pouvoir d’agir. « Après avoir insisté dans nos précédentes campagnes sur la nécessité de parler pour se sentir mieux, nous avons souhaité cette fois-ci rassurer les jeunes sur le fait qu’ils n’étaient pas seuls en interpellant l’entourage adulte et jeune et en l’impliquant dans une grande chaîne de solidarité », indique Meryeme Bouzidi Laraki avant de marteler que « nous pouvons tous apprendre à agir avant que le désespoir et l’isolement ne conduisent certains de nos enfants à un passage à l’acte dont le suicide est l’acte irréversible. » Et les deux femmes d’appuyer : « Il faut prendre des risques et faire comprendre à un jeune en détresse, peut-être parfois de façon maladroite et ce n’est pas grave, que nous sommes là pour lui. ». Au Maroc, 14% des 13-15 ans ont déjà fait une tentative de suicide, d’après les chiffres du ministère de la Santé datant de 2014.

« La baleine bleue », le dangereux challenge qui n’épargne personne

Les challenges sur la toile ne sont pas nouveaux, mais le défi de « la baleine bleue » qui touche majoritairement les adolescents, inquiète particulièrement, comme l’a pris pour exemple Véronique Fema puisqu’il a fait l’actualité au Maroc ces dernières. Le principe ? 50 défis qui doivent être réalisés en 50 jours. C’est un « tuteur » 2.0 qui dicte à l’enfant en pleine construction, les challenges à réussir. Au départ, ils sont « anodins » comme « écrire « baleine bleue » sur sa main », mais ils deviennent après dangereux tels que « scarifie-toi » ou encore « assis-toi sur le bord d’un pont », l’ultime étant de se suicider par exemple « en sautant du toit »… « L’adolescent est sous l’emprise de ce « tuteur », et rentre dans une telle spirale qu’il ne sait pas comme s’en sortir, car les challenges sont postés sur les réseaux sociaux et vus par une « communauté » qui va valoriser et encourager ses « exploits » à coup de « like » », déplore-t-elle. Un proche ou une autre personne peut parler calmement à cet enfant en détresse en lui disant qu’il s’inquiète pour lui, qu’il n’est pas seul et qu’il n’a aucune obligation à continuer ce challenge même si le « tuteur » lui dit le contraire. Car dans l’un des témoignages sur ce phénomène, un enfant avait confié que le « tuteur » l’avait menacé en affirmant que s’il ne finissait pas le jeu, il allait envoyer quelqu’un pour le tuer. C’était faux. Mais le jeune en détresse qui était seul ne pouvait pas l’entendre de la même oreille ».

« La baleine bleue », les signes et conseils qui interpellent

Pour repérer un jeune qui s’est jeté dans ce challenge, des signes peuvent mettre la puce à l’oreille. Lesquels ? Un réveil matinal ou une nuit blanche, une grande fatigue, l’apparition d’émotions telles que de la tristesse et de l’anxiété, des traces de blessures inexpliquées, une fascination pour la mort (films morbides et musique triste) et un isolement. Dans un sondage en ligne lancé entre 2013 et 2017 par l’association Sourire de Reda, 53 % de jeunes interrogés* ont confié que s’ils rencontraient un problème, ils ne comptaient en parler à personne. Mais cela ne signifie pas qu’il est impossible de l’approcher. Comme l’explique Sourire de Reda, il faut discuter calmement avec ce jeune, essayer de savoir sans le juger s’il joue réellement à ce « jeu », comprendre pourquoi il y participe et entendre ce qu’il ressent. « N’hésitez pas à demander de l’aide aussi, souligne Meryeme Bouzidi Laraki. Et si ce jeune a envie de se confier de manière anonyme et confidentielle, parlez-lui de notre espace Stop Silence. » Cette plateforme d’écoute gratuite a traité plus de 1 700 échanges depuis 2011 dont 351 rien qu’en 2017.

 

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