Pourquoi le Bitcoin dérange le Maroc?

Le cours du Bitcoin a atteint 9.920 dollars le 29 novembre 2017. L’utilisation de la monnaie virtuelle comme mode de paiement a toutefois été interdite par le royaume. Pourquoi une telle décision, alors que d’autres pays continuent d’encourager l’utilisation des crypto-monnaies ? Éléments de réponse.

Le Bitcoin est une monnaie qui divise. En effet, la décision du Maroc rejoint celle d’autres pays, notamment la Chine et l’Algérie, alors que d’autres pays voient en elle le futur du développement de leurs économies.

Le cours du Bitcoin au 29 novembre 2017.

La monnaie virtuelle divise les experts

Hamza El Bouchtaoui, trader chez Capital Trust, banque d’affaires indépendante, soutient la décision du Maroc quant à l’interdiction de l’adoption du Bitcoin comme mode de paiement. Pour lui, il n’y pas d’économie réelle derrière la crypto monnaie. «C’est une monnaie qui contribue à la création d’une bulle spéculative. Elle représente ainsi un risque énorme à ses détenteurs dans le cas où elle chute». Selon ses propos, les autorités marocaines restent assez conservatrices vis-à-vis de la réputation du Bitcoin, notamment du fait qu’il a été souvent utilisé dans des transactions illicites sur le Web. La décision du royaume de l’interdire a aussi pour objectif de protéger les investisseurs marocains du fait que la monnaie peut baisser de 100 % ou augmenter de 150 % en un temps limité. Concernant la légalisation et l’encadrement de cette monnaie, El Bouchtaoui nous a déclaré : «qu’il serait préférable de l’interdire. Acheter des Bitcoins reviendrait à acheter du vent».

Autre son de cloche. Celui formulé par Hamza Aboulfeth, PDG de Genious Communications, société opérant dans le domaine des IT. Aboulfeth n’est pas contre l’utilisation de la monnaie virtuelle comme moyen de paiement. Il est à noter que sa société est parmi les pionnières à l’avoir adopté il y’a 7 mois, mais encore plus tôt, et plus exactement en 2014, à travers Anonymous SARL, société de sécurité et de protection des données personnelles sur VPN, dont il est à la tête.

Pour lui : «la décision du Maroc vise surtout à éviter que le rôle des organismes financiers en place ne devienne obsolète». En effet, les banques touchent généralement des commissions sur les mouvements d’argent, contrairement au Bitcoin qui circule librement puisqu’il n’est géré par aucune autorité. Rajoutant : «qu’il serait plus judicieux d’encadrer l’adoption du Bitcoin comme moyen de paiement au lieu de l’interdire complètement». Il a d’ailleurs indiqué qu’il est absurde de concevoir que les Marocains puissent acheter facilement des Bitcoins, du fait que la dotation touristique marocaine sur Internet ne permet pas de dépasser 10.000 dirhams. Cela ne permet donc pas aux Marocains d’avoir facilement accès à cette monnaie.

Pour rappel, l’interdiction de la crypto monnaie est venue à quelques jours de l’annonce, le 14 novembre, par MTDS, société de services numériques spécialisée dans le digital, la sécurité et le cryptage informatiques, de l’adoption du Bitcoin comme mode de paiement de ses services.

Le communiqué partagé par l’Office des changes concernant l’interdiction des monnaies virtuelles.

Toutefois, MTDS a publié, le 22 novembre, une clarification quant à son annonce sur l’adoption du Bitcoin comme mode de paiement de ses services. La société a ainsi indiqué que les paiements par monnaie virtuelle émanant des Marocains ne seront en aucuns cas acceptés. La compagnie a ainsi indiqué qu’elle offrait la possibilité à ses clients à l’étranger de payer ses services en crypto monnaie en passant par des services tels que BitPay ou CoinGate qui servent d’intermédiaires lors des transactions. En effet, ces compagnies reçoivent les montants à payer en Bitcoin et les échangent en dirhams.

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